Anne Hidalgo asphyxiée par Autolib', un comble pour des voitures électriques

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L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque matin, Hélène Jouan évoque un sujet précis de la vie politique.

Nouveau coup dur pour Anne Hidalgo : les Autolib' vivent sans doute leurs dernières heures à Paris et dans l’agglomération parisienne. La maire de Paris n’avait pas besoin de ça.

Dans le dernier magazine dans lequel Anne Hidalgo s’affiche, titré "opération, reconquête des cœurs", la maire de Paris pose sur un toit de Paris. Prend-t-elle de la hauteur ou a-t-elle besoin d’air ? Un coup d’œil sur les réseaux sociaux vous convainc qu’elle est la fée carabosse parisienne. Ces derniers jours, on l’accuse rien de moins que d’avoir chassé nos amis les chiens de la capitale, quand tout le monde sait en revanche qu’elle y a attiré les rats. Une élue d’opposition raconte qu’à ses propres réunions, ses sympathisants sont tellement insultants à l’égard d’Anne Hidalgo, qu’elle est obligée de les reprendre tel un Macron au Mont Valérien face à un ado irrespectueux , en leur rappelant que l’on doit un minimum d’égard à l’édile de la capitale. Hidalgo détestée, conspuée, déjà battue ? Pas si simple, car dans les derniers sondages d’opinion elle opère une sacrée remontée; pour l’instant, elle survole même ceux qui se voient déjà à sa place

Sauf qu’en dehors des chiens et des rats, Anne Hidalgo a un petit problème avec les transports parisiens

Et notamment avec les transports alternatifs à la voiture, la voiture polluante qu’elle a décidé de bouter hors de Paris. Demain, c’est tout le système parisien d’auto-partage, les fameuses Autolib' qu’Anne Hidalgo poussera sur une voie de garage. Système innovant quand il fut imaginé par Bertrand Delanoë en 2011, les voitures électriques Bolloré se révèlent aujourd’hui être un gouffre financier. Bataille de chiffres et d’experts entre l’entreprise et les élus pour savoir qui doit payer la facture astronomique.  "Bolloré nous met le couteau sous la gorge" disent les uns, "les élus n’assument pas le contrat signé" répond l’autre. Le résultat est là : Wanted Anne Hidalgo ! Manque d’anticipation, manque d’alternative,  manque de concertation et au final, incompréhension des parisiens et franciliens qui d’ici quelques jours, comme avec le vélo depuis de longs mois, vont se retrouver marris devant des stations vides. Du jour au lendemain, c’est un service qui disparaît.

Et Anne Hidalgo pourrait en payer le prix?

La facture d’abord de la résiliation du contrat. A écouter l’opposition, "c’est Ceaucescu (rien de moins) qui règne à la mairie de Paris", avec des directeurs d’administration tétanisés "par cette femme qui pense que parce qu’elle a politiquement raison, elle a juridiquement raison". Les fiascos juridiques à répétition depuis quelques mois posent sans doute la question des compétences réunies autour d’elle, ils soulignent aussi son incapacité à anticiper, alerter, expliquer. Anne Hidalgo aime à répéter qu’elle se ressource dans l’adversité. Elle va être servie. Le plus grand combat qu’elle ait à mener est certainement celui contre elle-même.