Covid-19 : plus de la moitié des grands groupes français ont baissé leurs dividendes

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© Philippe LOPEZ / AFP
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En raison de la crise du coronavirus, on compte cette année 32 annulations de distribution de dividendes et 31 baisses par rapport au montant initialement annoncé, selon un rapport mené auprès des grands groupes cotés français. Ces annulations ou baisses ont représenté un montant de 27 milliards d'euros.

Plus de la moitié des plus grandes sociétés cotées françaises ont renoncé à distribuer un dividende cette année ou diminué son montant, du fait de la crise sanitaire, selon un rapport publié vendredi par le Haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE). "On décompte, parmi les entreprises adhérentes de l'Afep (autres que holdings familiales et groupes étrangers), 32 annulations de distribution de dividendes" et "31 baisses par rapport au montant initialement annoncé au titre de l'exercice 2019", détaille le HCGE, chargé du code de bonne gouvernance Afep-Medef, dans son rapport annuel.

Au total, 95 entreprises françaises sont adhérentes à l'Afep, selon le site internet de l'organisation. Toutefois, parmi les entreprises ayant annulé le versement d'un dividende, certaines se réservent le droit d'en distribuer un à l'automne, précise le rapport, sans dire combien sont dans ce cas. Et six groupes du CAC 40 ont décidé de maintenir le versement intégral de leur dividende au titre de l'exercice 2019, malgré la crise.

Au printemps, le gouvernement avait soumis l'attribution de certaines aides publiques (prêt garanti par l'Etat, reports de charge) à l'absence de versement de dividende ou de rachats d'action. Il avait aussi appelé à la "modération" si l'entreprise utilisait le dispositif de chômage partiel. "Ces annulations ou baisses ont représenté 27 milliards d'euros, soit une baisse des montants distribués de 41% par rapport aux distributions réalisées au titre de l'exercice passé", précise le HCGE.

Par ailleurs, à l'appel de l'Afep, 75 sociétés ont annoncé que leurs dirigeants et/ou administrateurs réduiraient d'un quart leur rémunération durant la période où certains de leurs salariés seraient mis au chômage partiel.

Une féminisation en hausse

Dans son rapport, le HCGE se penche aussi sur la féminisation des instances dirigeantes des grandes sociétés cotées et constate "une progression notable" de la proportion de femmes dans les conseils d'administration. "Pour l'exercice 2019, 38 sociétés du SBF 120 (contre 35 en 2018) ont atteint ou dépassent les 50% de femmes administrateurs", ajoute-t-il.

En revanche, les femmes restent moins présentes dans les comités exécutifs (22%) et elles en sont totalement absentes dans huit sociétés du SBF 120, dont deux du CAC 40. Par ailleurs, seules 35% des entreprises du CAC 40 affichent des objectifs chiffrés sur l'évolution des femmes dans les comex et pour celles qui ont des objectifs de féminisation de leurs instances dirigeantes, certaines "proposent des plans d'action avec des premières réalisations à très longue échéance (2025 et au-delà), ce qui n'est pas acceptable", juge le HCGE.

Davantage de représentation des salariés

En matière de représentation des salariés, près de 95% des groupes du CAC 40 ont ouvert leurs conseil d'administration à des représentants salariés. En revanche, alors que le code Afep-Medef recommande qu'un moins un administrateur salarié soit présent dans le comité des rémunérations, ce n'est pas le cas dans plus du tiers des entreprises, regrette le rapport.

Enfin, alors que les entreprises doivent publier depuis cette année l'écart de rémunération entre les dirigeants et les salariés, le HCGE appelle les entreprises à préciser leur méthode de calcul, conformément à la recommandation de l'Afep.