Couche-Tard/Carrefour : l'illustration d'une "prise de conscience" de l'État ?

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Michel-Edouard Leclerc était l'invité de "La France Bouge", mardi sur Europe 1. 2:21
Michel-Edouard Leclerc était l'invité de "La France Bouge", mardi sur Europe 1. © Europe 1
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Invité de "La France Bouge", mardi sur Europe 1, le PDG de Leclerc a estimé que la prise de position du gouvernement français, qui s'est opposé au rapprochement envisagé par Carrefour et le groupe canadien Couche-Tard, traduisait une volonté de préserver les grandes entreprises françaises, notamment après la crise du coronavirus. 
INTERVIEW

"Je pense que sur le dossier en lui-même, il y a quelque chose qu'on ne connaît pas", avance Michel-Edouard Leclerc à propos de la position très ferme du gouvernement français quant au projet de rapprochement entre Carrefour et le groupe canadien Couche-Tard. Les discussions entre les deux acteurs ont été interrompues ce week-end, après que le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, s'est dit opposé à "céder" le distributeur français. "Un dossier, ça s'instruit", a commenté le PDG d'E.Leclerc, mardi sur Europe 1, sous-entendant que la réaction rapide de l'exécutif était probablement motivée par des éléments non communiqués au grand public. Avant de saluer, "au-delà de la forme", un intérêt du politique pour le sort des grands acteurs de l'économie française. 

"De grandes boîtes vecteurs à l'export"

"Ce qui est intéressant, c'est qu'après le Covid, je pense qu'il y a une prise de conscience de l'ensemble de la classe politique du rôle fondamental de la fonction commerciale", affirme Michel-Edouard Leclerc. Un rôle double, selon le patron : "A la fois pour écouler la marchandise en temps de crise, mais aussi comme acteur ou co-acteur d'une gestion sanitaire, ou en tous cas des flux dans la société française." 

Or, "à un moment on est en train de dire qu'il faut constituer des pôles européens capables de rivaliser avec les Chinois et avec les Américains, (...) on s'aperçoit que tous les grands industriels [dans ces pays, ndlr] ont bénéficié d'une préférence sur leur marché national", déroule le PDG français. "Et donc, je pense que Monsieur Le Maire, Monsieur Breton [Thierry Breton, commissaire européen favorable à davantage de régulation des géants du numérique, ndlr)], sont en train de se dire : 'On a quand même des grandes boîtes françaises qui peuvent être des vecteurs à l'export, comme Auchan, Carrefour ou Casino'."

"Un autre type de discussions" avec l'État

"Je trouve que c'est bien et que ça nous amène à avoir un autre type de discussions avec l'État", se félicite Michel-Edouard Leclerc, dont le groupe est d'ores et déjà associé avec plusieurs alliés... européens, comme Delhaize en Belgique et Coop Italia. Face aux concurrents des autres continents, "notre objectif, c'est une sorte d'Airbus de la distribution européenne", affiche-t-il. 

Europe 1
Par Margaux Lannuzel