Immobilier : pourquoi l'impact du confinement n'est pas le même qu'au printemps

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Le secteur immobilier est moins impacté que lors du premier confinement. Photo d'illustration. 3:47
Le secteur immobilier est moins impacté que lors du premier confinement. Photo d'illustration. © PASCAL PAVANI / AFP
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Alors que le premier confinement avait été marqué par un "effet de sidération" des potentiels acheteurs, et par une interruption quasi totale de l'activité du secteur, la situation est différente pour ce deuxième confinement, explique sur Europe 1 Guillaume Autier, Directeur général de Meilleurtaux.com.
ANALYSE

Alors que le confinement du printemps dernier, marqué par l'interruption d'une grande partie de l'activité, avait sérieusement impacté le secteur de l'immobilier, faut-il craindre les mêmes conséquences avec le reconfinement actuellement en vigueur ? C'est la question à laquelle a répondu mardi Guillaume Autier, Directeur général de Meilleurtaux.com, invité de La France bouge, sur Europe 1. Selon cet expert, la baisse de la demande des acheteurs sur son site est certes en baisse, mais moins que lors du premier confinement. 

"La situation est assez différente" par rapport au printemps dernier, note-t-il, pour deux raisons principales. Tout d'abord, "les notaires et les banques continuent de travailler, ce qui fait que les projets démarrés avant le reconfinement peuvent se poursuivre". Or, poursuit-il, lors du premier confinement, "ce n'était pas le cas. Toute la chaîne avait été interrompue".

Une baisse des demandes "beaucoup moins forte"

Pour ce nouveau confinement, la préparation des principaux acteurs a aussi été meilleure, tandis que du côté des particuliers, alors qu'"il y avait un phénomène de sidération lors du premier confinement, et que les gens avaient arrêté de regarder les projets, là, on voit une légère baisse dans les nouveaux projets, mais beaucoup moins forte".

Cette différence se constate en examinant le détail des demandes auprès de Meilleurstaux.com. En mars, "la première semaine avait été assez violente, avec une baisse des demandes d'à peu près 50%", explique Guillaume Autier. "Là, nous avons une baisse, mais beaucoup moins forte, de l'ordre de 15 à 20%, et qui en plus se résorbe", dit-il encore.

"Les gens restent focalisés sur leur projet"

"Les gens restent focalisés sur leur projet", analyse l'invité d'Europe 1. "Les projets immobiliers sont les projets d'une vie, et on ne renonce pas à un projet de ce type à cause du confinement".

Reste que la stricte restriction des déplacements actuellement en place aura forcément un impact sur le nombre de ventes. Alors que, de leur côté, les notaires prévoyaient 900.000 ventes pour 2020, faut-il anticiper une baisse de cette prédiction ? Ce chiffre annoncé, rappelle tout d'abord Guillaume Autier, est d'ores et déjà inférieur à celui des années précédentes. Selon lui, "il ne devrait probablement pas baisser, si on considère que le confinement dure la durée annoncée. Mais s'il est prolongé, ce sera un peu différent". Et de conclure : "Si c'est quatre semaines, l'impact sera probablement modéré. Si c'est deux mois, il sera plus fort".

Europe 1
Par Antoine Terrel