Prix Michel Legrand : un prix en hommage à un compositeur "à la fois populaire et très savant"

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La 1ère édition du Prix Michel Legrand a lieu samedi. Macha Méril, actrice, productrice, romancière et épouse de Michel Legrand, était l'invitée d'Europe 1, vendredi, pour évoquer ce prix qu'elle a créé afin de récompenser des musiciens et compositeurs de spectacles musicaux et de musiques de films.
INTERVIEW

Elle a partagé la vie de Michel Legrand et remettra, samedi, le premier prix portant le nom du compositeur. Macha Méril, actrice, productrice et romancière, était l'invitée d'Europe 1, vendredi, pour évoquer ce prix Michel Legrand, qu'elle a créé dans le but de faire vivre son œuvre et transmettre son héritage musical. Au total, Macha Méril remettra trois récompenses à un compositeur ou une compositrice de musique de films, un musicien ou compositeur de spectacle musical, et une première musique de film. La soirée, privée et sans public en raison du Covid-19, aura lieu samedi et sera retransmise sur les réseaux sociaux. "Michel Legrand méritait ce Prix parce que c'est un grand compositeur, tout simplement", explique son épouse.

"Un lieu d'accueil pour faire connaître la bonne musique"

"Sa musique a une vertu incroyable, c'est une pilule de jouvence", affirme Macha Méril, qui précise que Michel Legrand a des fans dans le monde entier, qui pourront eux aussi suivre virtuellement la soirée qui sera sous-titrée en anglais.

L'événement aura lieu au domaine de la Mothe, près de Montargis, la propriété où Michel Legrand a vécu les dernières années de sa vie et où il a beaucoup composé. "C'était un de ses rêves : réunir chez lui, sans bouger, les grands compositeurs, ses amis musiciens, des cinéastes, écrivains, et créer ensemble", explique l'actrice. "C'est donc un lieu d'accueil, pour nous faire connaître la bonne musique, le bon jazz, la bonne musique classique, le bon tango, le bon gipsy", poursuit-elle, en comparaison au "tas de cochonneries qui circulent" aujourd'hui. "Les pauvres jeunes sont envahis d'un fatras sonore. Michel me disait 'Je sais où il y a de la musique et où il n'y en a pas'. Et voilà, c'est ça que je voudrais transmettre."

"Nous, les connaisseurs"

Pour elle, Michel Legrand était un artiste qui touchait tous les milieux et tout le monde, "parce qu'il avait cet art d'être à la fois populaire et très savant", explique Macha Méril, évoquant toutefois la grande exigence de son époux. "Il pensait que les jeunes devraient commencer par faire douze ans de solfège avant de se lancer dans la musique", raconte-t-elle, plaignant de nouveau "les jeunes d'aujourd'hui" : "Qu'est ce qu'ils reçoivent dans les oreilles ? Que des choses qui sont inqualifiables", insiste-t-elle. "C'est à nous, les connaisseurs, de leur donner des critères de ce qu'est la bonne musique."

Un festival Michel Legrand et des œuvres inédites

Pour faire vivre la musique et l'image de Michel Legrand, Macha Méril envisage de numériser toutes les partitions qu'elle a retrouvées. Des œuvres inédites, composées mais jamais exploitées. "Quand les grands compositeurs décèdent, en général, on connaît leurs œuvres. Chez Michel, il y avait du rab, il y en a en plus", dit-elle. "On y trouve des cartons de comédies musicales qui ne se sont pas montées, des chansons qui n'ont pas été chantées, un concerto pour violon qui n'a jamais été joué...", poursuit Macha Méril, qui dit vouloir créer un festival Michel Legrand sur plusieurs jours afin d'y organiser des concerts. "Chaque année, on créera une œuvre inédite de Michel Legrand, parce qu'il n'arrêtait pas de composer. C'était une fontaine de musique."

Europe 1
Par Pauline Rouquette