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Dimitri Vernet avec AFP / Crédit photo : LEWIS STOREY / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Le forfait de Gaël Monfils, blessé au poignet gauche, annoncé tard mercredi soir à la veille de son deuxième tour attendu face au N.6 mondial Holger Rune, a marqué le dernier rebondissement d'une journée noire pour les Bleus à Roland-Garros, dont Europe 1 est la radio officielle.

La folle nuit parisienne vécue par Monfils au premier tour de Roland-Garros dont Europe 1 est la radio officielle, mardi soir, achevée à minuit passé, allongé dos sur la terre battue, secoué par les sanglots, au bout d'une invraisemblable victoire 3-6, 6-3, 7-5, 1-6, 7-5 après avoir été mené 4 jeux à 0 dans le cinquième set par l'Argentin Sebastian Baez (42e), sera sans lendemain. En cause, "une rupture partielle" ligamentaire au niveau "du poignet gauche" (précisément le ligament triangulaire du carpe), a expliqué Monfils en conférence de presse.

Quel avenir pour Monfils ?

Pour Monfils, 36 ans, ex-N.6 mondial tombé aux alentours de la 400e place mondiale après sept mois sans jouer, entre août 2022 et mars 2023, la faute à son pied droit récalcitrant, cet énième problème physique fait renaître les interrogations sur son avenir de joueur. Son succès fou au premier tour était son tout premier depuis son retour. "Je ne le montre pas trop mais il y a plus que de la déception, parce qu'il m'en reste combien, des Roland-Garros ?", s'est-il interrogé tout haut. C'est ça la vraie question. Il m'en reste combien ?"

Monfils doit passer des examens complémentaires jeudi pour en savoir plus sur la durée de son indisponibilité. Mais il s'est voulu plutôt optimiste. "Le médecin m'a dit qu'il avait bon espoir que je puisse jouer sur gazon", dont la saison débute dans la foulée de Roland-Garros, a-t-il avancé.

Garcia s'incline

Avant ça, les six joueurs et joueuses français en piste mercredi au deuxième tour, sur dix encore en lice à ce stade, n'avaient pu éviter un zéro pointé. À commencer par la meilleure chance tricolore, la N.5 mondiale Caroline Garcia. Opposée à la Russe Anna Blinkova (56e), Garcia a sauvé huit balles de match avant de s'incliner 4-6, 6-3, 7-5. Après un set et un break convaincants, la Lyonnaise de 29 ans a perdu le fil.

Parvenue dans le Top 5 à la faveur d'une deuxième partie de saison ébouriffante en 2022, avec notamment un titre à Cincinnati, une demi-finale à l'US Open - sa première en Grand Chelem - et un triomphe au Masters de fin de saison, Garcia (29 ans), confiance perdue, peine à se montrer à la hauteur de son nouveau statut depuis le début de l'année.

Fin de l'épopée Pouille, Van Assche, Humbert

N.1 français au classement ATP, Ugo Humbert (40e) a lui rendu les armes face à l'Italien Lorenzo Sonego (48e) 6-4, 6-3, 7-6 (7/3) dans la chaude ambiance du court N.14 qui a si bien réussi à Lucas Pouille.

L'épopée de Lucas Pouille, entamée neuf jours plus tôt en qualifications, a sèchement pris fin au deuxième tour sur le grand court Suzanne-Lenglen, 6-1, 6-3, 6-3 contre le Britannique Cameron Norrie (13e), après quatre victoires d'affilée sur le N.14 (qualifications et tableau principal). Le bilan reste néanmoins très satisfaisant pour le Français qui n'avait plus passé un premier tour en Grand Chelem depuis l'US Open 2019. Il n'avait plus non plus gagné sur le circuit ATP depuis sa défaite au deuxième tour du Masters 1000 de Madrid en mai 2022.

Fin de parcours également pour l'espoir tricolore Luca Van Assche (82e), éliminé 6-4, 6-3, 7-6 (8/6) par l'Espagnol Alejandro Davidovich (34e), Corentin Moutet (61e), battu 6-4, 6-2, 3-6, 6-3 par le N.7 mondial Andrey Rublev, et Léolia Jeanjean (124e), dominée 6-0, 7-5 par la lucky loser russe Elina Avanesyan (134e). 

Trois Français encore en lice

Des 28 engagés au premier tour, il ne reste plus que trois Français encore en lice, Océane Dodin, Diane Parry et Arthur Rinderknech, qui joueront leur match de deuxième tour jeudi.

Comment expliquer un tel résultat ? Il ne faut pas se fier aux performances de Gasquet, Monfils, Tsonga et Simon ces dernières années, car ces excellents résultats cachent en réalité un mal bien plus profond, toujours présent aujourd'hui. Un exemple en juniors, nos Tricolores ont remporté 17 Grand Chelem en 23 ans. Pourtant, aucune de ces jeunes pousses n'a réussi à réitérer ses performances sur le circuit professionnel.

Et c'est sûrement cette bascule qui pose problème, l'entrée chez les pros qui arrivent souvent bien trop tôt. Les jeunes joueurs le disent : ils sont jetés dans le grand bain trop rapidement. Ils n'ont pas le temps de se préparer mentalement et physiquement, à la différence de nos voisins comme l'Espagne qui travaille énormément sur ces deux aspects dès leur plus jeune âge. Le résultat est sous nos yeux : Carlos Alcaraz, 19 ans, numéro un mondial et déjà un Grand Chelem dans son armoire.