France-Pays-Bas : Olivier Giroud libéré, délivré et célébré

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Olivier Giroud a mis fin à sa disette au meilleur moment dimanche soir. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP
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Auteur du but de la victoire face aux Pays-Bas dimanche soir (2-1) après dix matches sans marquer, Olivier Giroud, décrié pendant le Mondial, a cette fois été acclamé par le Stade de France.

L'air du pays lui manquait sûrement. Muet pendant la Coupe du monde en Russie, Olivier Giroud restait sur dix matches sans marquer en sélection. Dimanche soir, pour ses retrouvailles avec le Stade de France, l'attaquant des Bleus a mis fin à cette triste série en offrant la victoire aux siens face aux Pays-Bas (2-1), en Ligue des nations. Tout n'a pas été facile face aux Oranje, mais son but, et l'ovation du public qui a suivi, lui ont assurément redonné du baume au cœur.

Une belle volée du gauche pour conjurer le sort. On jouait la 75e minute. Les Bleus, qui avaient la mainmise sur le match, venaient de se rendre coupable d'un relâchement rendu fatal par l'attaquant néerlandais Ryan Babel, auteur de l'égalisation (1-1, 67e). Puis le destin a basculé pour Olivier Giroud, à la réception d'un centre au cordeau de Benjamin Mendy. Sa jambe gauche tendue devant le capitaine batave Virgil Van Dijk trompait alors Jasper Cillessen. L'attaquant de Chelsea restait sur 18 tirs, dont seulement six cadrés, sans avoir marqué. Son 19ème a donc été le bon.

Un but sur le gong. Au même moment, le panneau du quatrième arbitre affichait pourtant son nom, synonyme de remplacement imminent. Didier Deschamps a bien fait d'attendre. Olivier Giroud a bien fait de marquer. "Je m'en doutais, parce que la semaine dernière j'ai joué mon premier match en tant que titulaire, le coach m'avait sorti et c'était normal, c'était ma première. Aujourd'hui, j'ai encore souffert physiquement. Je me sens de mieux en mieux mais je savais qu'il me restait peu de minutes à rester sur le terrain, donc je reçois un ballon de Benji (Mendy), je sais sa capacité à centrer assez fort et assez vite au premier poteau. J'ai plongé, tant mieux pour moi, tant mieux pour l'équipe surtout, je suis content pour nous tous", a réagi au micro de M6 le héros du soir, acclamé par le Stade de France à sa sortie, en fin de match (89e).

Un match compliqué par ailleurs. Jusque-là, la partie avait plutôt été éprouvante pour l'attaquant de Chelsea, victime notamment d'un gros tacle du jeune Matthijs de Ligt peu avant l'heure de jeu (57e). Pour le reste, comme à son habitude, Giroud a mouillé le maillot, se montrant précieux dans le repli défensif, mais s'est montré trop effacé devant, presque perdu sur le terrain par moments. Sa seule opportunité ? Un long ballon de Raphaël Varane dans la surface de réparation, assortie d'une tête ratée alors qu'il était seul, peut-être par manque de communication avec ses partenaires.

Deschamps salue son "gros mental". "Il est comme ça, dans le combat. Il ne réussit pas tout, ce n'était pas évident non plus ce soir par rapport à l'intensité de ces Pays-Bas qui évoluaient avec un bloc très bas. Mais il ne serait pas arrivé où il est sans un gros mental et un gros caractère", a salué en conférence de presse son plus fervent défenseur, Didier Deschamps. Et le sélectionneur de poursuivre : "Aujourd'hui il est à 32 buts, je l'ai dit avant le match : certes il n'a pas marqué à la Coupe du monde mais il était très important, et ce soir quand il a marqué, ceux qui étaient sur le terrain comme ceux qui étaient sur le banc se sont levés pour fêter le but, parce qu'ils savent ce que Giroud apporte à cette équipe."

Giroud fait mieux que Zidane. Ce total de 32 buts en 83 sélections n'est d'ailleurs pas si anodin. Grâce à cette dernière réalisation, le natif de Chambéry dépasse en effet Zinédine Zidane pour occuper seul la quatrième place du classement des meilleurs buteurs de l'histoire des Bleus. À bientôt 32 ans, il reste assez loin de Michel Platini (41 buts) et surtout de Thierry Henry (51), mais la troisième marche du podium, occupée par David Trezeguet avec 34 buts, est largement à sa portée. Mentalement, ne comptez pas sur lui pour lâcher.