Ligue des champions : face au Bayern, le PSG a eu réponse à tout

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Les joueurs du PSG après leur succès sur le Bayern (1280x640) Christophe SIMON/AFP
Les joueurs du PSG, et notamment le gardien Alphonse Areola, sont allés saluer leurs supporters à la fin du match. © Christophe SIMON/AFP
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Net vainqueur du Bayern Munich mercredi soir (3-0), le PSG a levé quelques doutes sur les questions qui l'entouraient depuis le début de la saison.

Sans manquer de respect au Celtic Glasgow ou à l'Olympique lyonnais, le premier grand test de la saison du PSG avait lieu mercredi soir face au Bayern Munich, un club qui, depuis 2012, n'a jamais fait pire (et non pas mieux...) qu'un quart de finale de Ligue des champions. Les premières sorties du club de la capitale cette saison - et notamment les deux dernières, poussives, contre Lyon (2-0) et à Montpellier (0-0) -, avaient pu susciter quelques questions, autant sur la vraie valeur de l'effectif que sur sa capacité à "bien vivre ensemble" sur le terrain. Ce PSG-Bayern, conclu sur le score sans appel de 3-0, a apporté plusieurs réponses.

Mbappé, la fusée a décollé. Mbappé, 18 ans, 180 millions d'euros sur le dos, allait-il supporter la pression d'un premier gros match européen ? Visiblement, la pression, le natif de Bondy s'en sert comme moteur. Exceptionnel lors du parcours européen de l'AS Monaco la saison dernière, Mbappé a fait taire les (quelques) sceptiques et soulevé l'enthousiasme des 46.000 spectateurs du Parc. Le scénario du match, avec un but rapide du PSG, l'a servi. Il a régalé sur les contre-attaques, avec des gestes justes, et un service cinq étoiles, du pied gauche, pour Cavani sur le deuxième but parisien. Homme de grands espaces, Mbappé n'est pas maladroit non plus dans les petits, à l'image de cette roulette devant David Alaba sur le but de Neymar. Il a eu droit à une énorme "standing ovation" à sa sortie. "On était attendus, c'est normal qu'on soit attendus après le mercato qui s'est passé. On a fait un match plein et maintenant, on va vite passer à autre chose", a-t-il confié en zone mixte. Mbappé, du caviar et pas le melon.

Neymar-Cavani, la grande réconciliation. On ne les avait plus vus ensemble sur le terrain depuis la réception de l'OL et ce fameux "penaltygate", quand, Neymar, insatiable, avait disputé à Cavani le droit de tirer le penalty. Échanges dans le vestiaire, intervention présidentielle, dîner de l'amitié : on avait eu droit à la totale, en coulisses comme à la Une. Les deux joueurs ont prouvé mercredi qu'ils avaient enterré la hache de guerre, devant les yeux du monde entier. C'en était même presque trop. Après un raté de Cavani, Neymar a ainsi fait un détour pour venir lui taper dans la main. Il lui a même donné l'accolade après son but. Mieux, en deuxième période, il lui a laissé tirer un coup franc ! On attend désormais le prochain penalty du PSG pour constater qu'entre eux, tout est réglé.

Areola, le débat sur les gardiens gelé. Ah, l'éternel débat sur les gardiens du PSG... Plusieurs saisons que ça dure. Pour quelques semaines au moins, il sera sans doute gelé. Car Alphonse Areola, préféré à Kevin Trapp depuis le début de la saison, a livré une copie quasi parfaite, mercredi soir. Il a notamment sorti un tir magnifique de Javi Martinez en première période (19e) avant de repousser les assauts des Bavarois, et notamment de l'ancien Parisien Kingsley Coman, entré à la pause. Mine de rien, voilà quatre matches consécutifs que le PSG n'encaisse pas de but. De quoi faire oublier l'erreur de relance à Metz (victoire du PSG 5-1).

Emery, la leçon de réalisme à Ancelotti. Ce 3-0 infligé au Bayern est-il aussi la victoire d'Unai Emery, dont on a quelques difficultés, parfois, à déceler la "patte" ? Sans doute. "Le Bayern est une équipe qui attaque avec beaucoup de joueurs, qui pousse beaucoup les latéraux offensivement, c'est pour ça que nous avions prévu de la solidité défensive", a expliqué l'ancien coach du Séville FC. La paire Thiago Silva-Marquinhos a étouffé l'avant-centre du Bayern, Robert Lewandowski, qui restait sur 12 buts en 11 matches disputés cette saison. Le fil de la rencontre, avec ce but dès la 2e minute de Dani Alves, a été dans le sens d'Emery et du PSG, qui a pu laisser venir le Bayern pour mieux le punir en contre. 37% de possession seulement (contre plus de 70% habituellement en Ligue 1), 18 corners concédés (pour un seul obtenu !), et pourtant une victoire 3-0 à l'arrivée, le PSG a même répondu mercredi soir à une question que l'on ne se posait même pas : il sait aussi être dominé et gagner.