À Douai, la vaccination prioritaire des profs et policiers de plus de 55 ans n'attire pas

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A Douai, une réticence envers le vaccin d'AstraZeneca se fait sentir dans la file d'attente pour la vaccination. 1:40
A Douai, une réticence envers le vaccin d'AstraZeneca se fait sentir dans la file d'attente pour la vaccination. © Alain JOCARD / AFP
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Ce samedi est le premier jour où les enseignants et policiers de plus de 55 ans peuvent bénéficier de créneaux dédiés de vaccination contre le Covid-19 en France. A Douai, dans les Hauts-de-France, où s'est rendu Europe 1, quasiment aucun professionnel concerné ne s'est présenté au centre de vaccination samedi matin.
REPORTAGE

A partir de ce week-end, les enseignants et policiers de plus de 55 ans bénéficient de "créneaux dédiés" de vaccination contre le Covid-19, comme l'avait annoncé jeudi le Premier ministre Jean Castex. Dans le détail, la nouvelle mesure concerne les professeurs des écoles, collèges et lycées, les professionnels de la petite enfance, les policiers et gendarmes, les surveillants pénitentiaires, les agents spécialisés des écoles maternelles (Atsem) et les AESH (accompagnants d'enfants en situation de handicap), soit environ 400.000 personnes. Mais dans le centre de vaccination de Douai, dans les Hauts-de-France, où s'est rendu Europe 1 samedi matin, ces créneaux n'attiraient pas la foule, loin de là.

"Si c'est AstraZeneca, je m'en vais"

Aucun Atsem n'a, par exemple, fait le déplacement. De même pour les policiers et les gendarmes. Et au cours de la matinée, un seul enseignant de 58 ans, Christophe, a été croisé par Europe 1. Mais il n'est pas resté longtemps ! "J'en ai profité pour venir aujourd'hui parce que c'est ouvert" aux enseignants, explique-t-il d'abord. "Mais si c'est AstraZeneca, je m'en vais", ajoute-t-il, visiblement craintif des cas rares de thromboses qui font l'objet d'une surveillance des autorités sanitaires un peu partout dans le monde.

Alors quand on lui explique que les doses disponibles ici sont bel et bien fournies par AstraZeneca, "je m'en vais", dit-il. "C'est retiré dans certains pays donc je ne vois pas pourquoi je prendrais le risque. Je préfère garder mon masque dans ce cas-là."

Hormis ce professeur qui a donc fait demi-tour, on trouve principalement des retraités dans la file d'attente. Ils ont entre 65 et 75 ans. Beaucoup dénoncent toujours le même problème. "On est venu sans rendez-vous parce qu'on n'arrive pas à trouver un endroit où se faire vacciner", indique ainsi une femme. "Par téléphone, soit le répondeur est saturé, soit ça ne répond pas, donc il faut se déplacer", ajoute un homme. Parmi ces retraités impatients, il y a malgré tout une réticence envers le vaccin d'AstraZeneca. Ici, il faudra malgré tout écouler les 800 doses prévues pour ce week-end, "pour ceux qui les voudront bien", a concédé la coordinatrice du centre.

Europe 1
Par Maximilien Carlier, édité par Jonathan Grelier avec AFP