Sacré-Cœur : depuis 140 ans, des fidèles participent chaque nuit à un relais de prière
Parmi les incontournables de Paris, la basilique du Sacré-Cœur, sur la butte Montmartre, en est un. Si des milliers de touristes s'y rendent chaque jour, très peu de visiteurs savent ce qu'il s'y passe la nuit. Des fidèles participent quotidiennement à un relais de prière, ininterrompu depuis 140 ans.
Depuis 140 ans, des fidèles participent à un relais de prière à la basilique du Sacré-Cœur. Sur le tableau du relais, dit d'adoration, à l'entrée de l'hôtellerie, les noms sont inscrits au feutre vert. Zina Marie Dominique, de Pantin en région parisienne, a choisi son créneau : "Je ferai de cinq heures jusqu'à sept heures. Je mets le réveil ici".
"On s'arrange toujours que ça ne reste pas vide"
Elle quittera ce dortoir, ses rideaux et sa vue imprenable sur Paris : "C'est un bel endroit. On a chacun un petit box. Un lieu qui est intime". Une intimité qui se poursuit dans la Basilique plongée dans la pénombre qu'Irène, chambre suivante, rejoint en quelques pas : "C'est calme, on peut prier tranquillement. C'est magnifique. On peut se retrouver à 10, 15, redescendre à trois puis remonter. On s'arrange toujours que ça ne reste pas vide".
C'est ainsi que ce relais face au Saint-Sacrement, comme le veut la religion catholique, traverse les décennies, explique le recteur des lieux, Stéphane Esclef, recteur de la Basilique : "Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bombes tombaient, les vitraux sont tombés, mais les gens restaient-là. Il y a toutes les cultures ici, toutes les nationalités. C'est incroyable. Ils viennent du monde entier. Maintenant, il y a des lieux qui le font. Mais depuis 140 ans, je crois qu'on est number one".
Les lourdes portes rouvrent à 6H30. Paris s'éveille sur la butte Montmartre, les discrets noctambules quittent les chambres, sans même croiser le flot de touristes qu'embrasse la Basilique.