Rennes : 1.500 personnes défilent contre la loi asile-immigration

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Le texte avait provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité, et s'était attiré des critiques y compris du Conseil d'État.
Le texte avait provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité, et s'était attiré des critiques y compris du Conseil d'État. © GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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À l'appel d'association de soutien aux sans-papiers, quelque 1.500 personnes ont défilé à Rennes, samedi, contre les dispositifs de la loi asile et immigration. 

Quelque 1.500 personnes, selon la police et les manifestants, ont défilé samedi à Rennes à l'appel d'un collectif d'associations de soutien aux sans-papiers pour protester contre les dispositions de la loi-asile immigration, qualifiée de "nouvelle régression" pour les droits des étrangers.

"Droit de vivre en famille", "Non aux immigrés jetables", "De l'air ! Ouvrons les frontières !", "1 être humain=1 être humain" ou encore "Punir, enfermer, surveiller, assigner, expulser, NON", pouvait-on lire sur les nombreuses pancartes des manifestants. "Ni rétention, ni expulsion, régularisation pour tous les sans-papiers", "So so so solidarité avec les sans-papiers", ont crié les manifestants, qui ont défilé dans les rues du centre avec quelques "gilets jaunes" dans leurs rangs.

"Tout se durcit". "Il y a des choses extrêmement dures dans cette loi. On va pouvoir mettre les gens en rétention 90 jours d'affilée contre 45 aujourd'hui", dénonce Sorence Pierret, 65 ans, membre de l'association Fraternité Douarnenez pour qui "tout se durcit". "Les rendez-vous ne se feront plus dans les sous-préfectures. Nous par exemple, dans le Finistère, il va falloir aller faire tous les papiers à Rennes, ce qui crée des complications terribles de transport", souligne-t-elle.

Un texte qui allonge de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention. La loi asile-immigration, qui vise à réduire les délais d'examen de la demande d'asile et à mieux maîtriser l'immigration irrégulière, a été publiée le 11 septembre au Journal officiel. Le texte vise à ramener à six mois le traitement des demandes d'asile, contre onze en début d'année, pour faciliter à la fois l'expulsion des déboutés et l'accueil des réfugiés. Il allonge par ailleurs de 45 à 90 jours la durée maximale de la rétention et facilite l'éloignement pour certaines catégories de déboutés. Présenté comme "équilibré" par le gouvernement, le texte avait provoqué de vifs débats jusque dans les rangs de la majorité, et s'était attiré des critiques y compris du Conseil d'État.