Professeur décapité : "On aurait tous dû sortir dans la rue aujourd’hui"

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Un professeur a été assassiné près d'un collège dans les Yvelines, vendredi. 0:59
Un professeur a été assassiné près d'un collège dans les Yvelines, vendredi. © Bertrand GUAY / AFP
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Au lendemain de l’assassinat du professeur d’histoire, décapité près d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, René Chiche, professeur agrégé de philosophie et vice-président du syndicat Action et Démocratie, s’est inquiété du manque de réaction suite à ce drame.
INTERVIEW

René Chiche, professeur agrégé de philosophie et vice-président du syndicat Action et Démocratie, était l’invité d’Europe 1 samedi soir, suite à l’assassinat du professeur d’histoire Samuel Paty, vendredi dans les Yvelines. "Un professeur a été décapité et le pays continue à tourner comme si on s’était habitué à cette barbarie. Quelque chose ne va pas et devrait interroger tout le monde ! Même si c’est bien qu’il y ait un hommage national (mercredi), on aurait tous du sortir dans la rue. Si on n’est pas capable de le faire, ça veut dire que la société française ne se reconnait plus dans son école", a-t-il regretté.

"On ne peut plus parler de l’école de la République au singulier"

"Bien entendu, je vais continuer à montrer ses caricatures, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais il ne s’agit pas que de cela, il s’agit aussi de faire réfléchir. Il y a des collègues de l’Éducation nationale qui ont peur. Ça dépend évidemment des établissements, la situation est très hétérogène sur le territoire, je pense qu’on ne peut plus parler de l’école de la République au singulier. Mais il y a aussi, hélas, au sein de l’Éducation nationale, une espèce d’idéologie qui s’est emparée lentement des esprits qui a substitué l’instruction à une espèce de moralisme", a-t-il continué.

"Le but de l’école, c’est quand même de mettre les préjugés à distance de soi"

René Chiche a également confié qu’il ne ferait pas cours dès le 2 novembre, au retour des vacances scolaires : "Je ne pourrai pas continuer comme si de rien n’était". "Le but de l’école, c’est quand même de mettre les préjugés à distance de soi. Cela demande des outils. À force de réduire les heures d’enseignements et l’apprentissage de la langue française à peau de chagrin, de négliger les mathématiques qui sont l’apprentissage de l’usage de la raison, on se retrouve dans une situation où les opinions s’affrontent les unes avec les autres. […] Pourtant, l’école, c’est mettre à l’abris les professeurs et les élèves afin qu’ils puissent se consacrer en toute tranquillité à perfectionner l’usage de leur raison", a-t-il enfin conclu.  

Europe 1
Par Léa Leostic