Agressés, insultés, les pompiers en colère : "Nous ne sommes pas là pour faire le boulot des gendarmes et des policiers !"

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Au micro d'Europe 1, Salvatore Scifo​, pompier volontaire dans la Drôme, témoigne de la dégradation des conditions d'exercice des soldats du feu, de plus en plus victime d'agressions.
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Leur profession se dit en souffrance, victimes d’agressions physiques et verbales à répétitions. Mercredi, le congrès national des sapeurs-pompiers s’ouvre à Vannes dans un contexte particulièrement tendu : les soldats du feu font face à cinq agressions par jour, sur 10.000 interventions en moyenne, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. "Nous ne sommes plus les sapeurs-pompiers qui portent secours, on doit également se protéger", relève ainsi au micro de Matthieu Belliard, dans la matinale d’Europe 1, Salvatore Scifo​, pompier volontaire dans la Drôme.

"Quand j’ai débuté en 1990, on était les bons samaritains de la population. Il s’avère désormais que l’on subit des agressions verbales et physiques, et même des meurtres avec ce qui s’est passé à Paris (le 4 septembre 2018, un pompier de 27 ans a été poignardé à mort à Villeneuve-Saint-Georges par un déséquilibré, ndlr)", rapporte ce pompier.

Une meilleure coordination des différents corps de secours

Alors que les grèves se sont multipliées dans les casernes ces derniers mois, les sapeurs-pompier réclament davantage de moyens et d’effectifs. "Malheureusement le nombre de pompiers volontaire est en baisse. Il y a plus de départs que de recrutements", explique Salvatore Scifo. "Mais il y a aussi de la prévention à faire, du civisme, informer la population que les pompiers ne sont pas là pour faire le boulot des gendarmes et des policiers", insiste-t-il.

"On est là pour sauver, mais malheureusement on a un habit qui ressemble à celui des gendarmes, nous sommes en bleu, et on représente l’Etat. Avec les mouvements sociaux du moment, le problème est peut-être là...", glisse encore ce soldat du feu.

Autre revendication : regrouper au même endroit pompiers, policiers et SAMU avec un seul numéro de secours, le 112. Selon les pompiers, la mise en place de centres communs d’urgence permettrait un meilleur traitement des appels.

Europe 1
Par Romain David