"On prend les gens pour des imbéciles" : le personnel hospitalier reste mobilisé contre le plan d'urgence du gouvernement

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10 jours après l'annonce du plan d'urgence annoncé par le gouvernement, le collectif inter-hôpitaux continue de mettre la pression 1:42
10 jours après l'annonce du plan d'urgence annoncé par le gouvernement, le collectif inter-hôpitaux continue de mettre la pression © Sameer Al-Doumy / AFP
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Dix jours après l'annonce par le gouvernement d'un plan d'urgence en faveur de l’hôpital, les blouses blanches sont toujours mobilisées. Malgré le déblocage de 1,5 milliards d'euros, le collectif Inter-Hôpitaux n'est pas satisfait et entend le dire aux citoyens français, en allant à sa rencontre dans la rue samedi. 
REPORTAGE

Près d'une cinquantaine de rassemblements sont prévus partout en France samedi. Le personnel hospitalier reste mobilisé face au gouvernement, malgré la promesse il y a dix jours d'un plan d'urgence en faveur des hôpitaux. Aucune manifestation n'est prévue ce samedi, le collectif Inter-hôpitaux ayant choisi une autre forme d'action : la discussion. Les blouses blanches vont aller samedi à la rencontre des Français pour les convaincre que l'aide débloquée de 1,5 milliards d'euros ne suffit pas. Comme à la Pitié Salpêtrière à Paris, où "le moral des troupes n'est pas bon", estime Sophie Crozier, neurologue.

"On colmate des petites brèches"

Malgré tout, l'état d'esprit n'a pas changé au service des urgences AVC. Le personnel est toujours combatif. "On reste très déterminé, parce que l'on est insatisfait et très inquiet de l'avenir de l’hôpital public", explique Sophie Crozier. Dans les couloirs, elle continue à haranguer ses collègues. Mais les autocollants "Collectif Inter-Hôpitaux" collés sur les blouses blanches prouvent que la plupart d'entre eux sont déjà convaincus.

"On prend la population pour des imbéciles", s'emporte Corinne. La secrétaire hospitalière estime que "l'on fait croire à la population que l'on donne une fortune aux hôpitaux, alors que l'on colmate des petites brèches à droite ou à gauche". Pour elle, "quand on voit le prix d'un examen ou d'un appareil en location, 1,5 milliards d'euros ce n'est rien pour un hôpital".

66 euros en plus par mois

Samedi matin, des tracts seront distribués aux passants pour faire de la pédagogie, comme sur le sujet des 800 euros de prime annuelle promis aux plus bas salaires en Île-de-France. "Quand vous recalculez, cela fait 66 euros par mois", souffle Julie. Cette infirmière, dans l'assistance publique depuis douze ans, en bénéficiera, mais vu le retard accumulé cela ne suffira pas. "Je suis à 1.860 euros net dans ma poche. 66 euros en plus cela ne donne pas envie", soupire la provinciale qui ne trouve pas la mesure "très juste" pour ses collègues qui n'exercent pas en région parisienne. 

Depuis plusieurs semaines, le collectif Inter-Hôpitaux tente de mobiliser la population autour d'une pétition. Plus de 230.000 signatures ont déjà été récoltées. Le personnel hospitalier espère en obtenir 500.000 à la fin de ce weekend de mobilisation. 

 

Europe 1
Par Justin Morin, édité par Cédric Chasseur