Meurtre de la joggeuse Patricia Bouchon : l'avocat général demande l'acquittement

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"L'intime conviction, ce n'est pas l'intime émotion comme une roue de secours, quand les preuves font défaut", a plaidé le représentant du ministère public, jeudi après-midi. 
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

Laurent Dejean sera-t-il acquitté faute de preuve ? C'est ce qu'a demandé l'avocat général au procès du meurtre de Patricia Bouchon, la "joggeuse de Bouloc", dont le corps avait été retrouvé sous un pont, en 2011. Au terme d'une démonstration de plus de deux heures, le représentant du ministère public a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour le condamner, jeudi.

"Le risque d'une erreur judiciaire". "Nous ne sommes plus au stade des indices graves et concordants mais à celui des certitudes", a plaidé l'avocat général. "L'intime conviction, ce n'est pas l'intime émotion comme une roue de secours quand les preuves font défaut", a-t-il martelé, avant de mettre en doute la parole du seul témoin qui dit avoir reconnu l'accusé sur le chemin de terre où la mère de famille a été agressée, en pointant ses revirements et ses hésitations. "Je ne prendrais pas le risque d'une erreur judiciaire", a-t-il soufflé. 

"Comment dorment les jurés qui ont condamné Patrick Dils ?". Tout l'après-midi, la défense est venue elle aussi insister sur les zones d'ombre du dossier. "Si on ne sait pas, il ne faut pas en faire le reproche à l'accusé", a ainsi lancé aux jurés Me Dubuisson, l'avocat de Laurent Dejean. "Comment dorment les jurés qui ont condamné Patrick Dils, qui a passé 15 ans en prison pour rien ?"

"Le réquisitoire, on s'y attendait depuis le début, on savait sa position", a réagi l'époux de Patricia Bouchon auprès d'Europe 1, jeudi. "Il n'a pas fait son travail, c'est ce qui m'a gêné, ce qui m'a blessé. Nous, on fait confiance aux jurés. Pour moi, les éléments sont clairs", a-t-il ajouté. Vendredi matin, l'accusé aura la parole une dernière fois avant que les jurés ne se retirent pour délibérer. 

Europe 1
Par Benjamin Peter, édité par Margaux Lannuzel