Menaces d'attaques d'un groupuscule d'ultra-droite : "certains membres avaient testé des explosifs"

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Les dix individus avaient été arrêtés lors d'une vaste opération antiterroriste, samedi (photo d'illustration). © Philippe HUGUEN / AFP
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Les dix personnes arrêtées samedi vont être présentées à un juge d'instruction mercredi après-midi, en vue d'une mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste. 

La garde à vue des dix personnes issues d'un groupuscule d'ultra-droite baptisé Action des forces opérationnelles (AFO), interpellées samedi lors d'un vaste coup de filet antiterroriste mené dans plusieurs régions de France, a pris fin mercredi en début d'après-midi, selon un communiqué du parquet de Paris. Les dix individus, neuf hommes et une femme, doivent désormais être présentés à un juge antiterroriste aux fins de mise en examen, notamment pour association de malfaiteurs terroriste. 

"Grenades de confection artisanale". D'après les premiers éléments dont disposent les enquêteurs, "certains membres du groupe cherchaient à se procurer des armes" et "avaient testé des explosifs et des grenades de confection artisanale". Lors des différentes perquisitions menées à leurs domiciles, les policiers ont retrouvé une trentaine d'armes de calibres divers, "plusieurs milliers de cartouches" et des grenades à plâtre. 

"Au domicile et dans le véhicule" de l'un des suspects ont par ailleurs été saisis des éléments entrant dans la fabrication d'explosifs "de type TATP" ainsi qu'"un chiffon imbibé de cristaux", "deux sachets de 6 balles de ping-pong", "cinq paquets de petits pétards à mèche" et "un feuillet guide de fabrication intitulé: 'le napalm maison'".

"Ce groupe essayait de recruter". À l'issue des auditions des suspects, "il est apparu que ce groupe essayait de recruter de nouveaux membres et d'étendre son maillage territorial en se structurant au niveau régional", indique encore le parquet, précisant qu'AFO proposait à ses membres "des formations (combat, secourisme, topographie, air soft...)" ainsi que des "stages de survivalisme". 

"Le groupe tenait des réunions et nourrissait des échanges au cours desquels les participants s'attachaient à définir des objectifs et des actions à mettre en oeuvre pour les atteindre", ajoute la même source. Les éléments recueillis faisaient ainsi "craindre un passage à l'acte violent, toutefois imprécis à ce stade, plusieurs types d'actions ayant été évoqués sans qu'aucun n'ait été réellement privilégié et retenu." AFO affichait l'objectif de lutter "contre le péril islamique", rappelle le parquet. 

À l'exception de deux d'entre eux, connus pour des délits routiers ou liés à l'usage de stupéfiants, aucun des mis en cause n'était connu de la justice.