Loi "sécurité globale" : la mort de Cédric Chouviat, "un cas pratique de l'importance des vidéos"

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En janvier 2020, des vidéos de l'interpellation de Cédric Chouviat ont été diffusées sur le web. (Image d'illustration) 1:30
En janvier 2020, des vidéos de l'interpellation de Cédric Chouviat ont été diffusées sur le web. (Image d'illustration) © MARTIN BUREAU / AFP ARCHIVES / AFP
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Alors qu'elle appelle à une marche en hommage à son époux Cédric Chouviat, mort le 3 janvier 2020 après un plaquage ventral par des policiers, Doria Chouviat clame au micro d'Europe 1 son opposition à la loi "sécurité globale", qui prévoit d'encadrer la diffusion d'images des forces de l'ordre.
TÉMOIGNAGE

Il y a un an, la vidéo de son interpellation violente avait fait le tour des réseaux sociaux. Cédric Chouviat, livreur à scooter, est mort le 3 janvier 2020 après un plaquage ventral réalisé par des policiers. Un an après le drame, trois fonctionnaires sont toujours mis en examen pour homicide involontaire. Doria Chouviat, la veuve de Cédric Chouviat, en appelle à une marche silencieuse en hommage à son mari dimanche après-midi. "On essaye de faire de sa mort une belle cause parce qu'on sait que rien ne le fera revenir", explique-t-elle à Europe 1.

"On est là pour dire non à la loi 'sécurité globale'"

"Il ne faut pas qu'on oublie. Il faut que l'on tire des leçons de ce qui s'est passé. L'affaire de Cédric est emblématique parce qu'elle est complète. On a un cas pratique sur les dérives de la police. On a un cas pratique de l'importance des vidéos, de l'importance des témoins", relève Doria Chouviat. "On est là pour dire que ce n'est pas normal, et on est là pour dire non à la loi 'sécurité globale' parce qu'elle arrive derrière ce flagrant délit pour interdire de filmer les policiers", veut dénoncer cette veuve.

Votée le 24 novembre par l'Assemblée nationale, la loi "sécurité globale" doit encore être examinée par les sénateurs en janvier. Largement décrié, son article 24 condamne d'un an de prison et de 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" d'un gendarme ou d'un policier en opération, si cette diffusion a pour objectif d'atteindre "à l'intégrité physique ou psychique" de ce dernier. Le 30 novembre, Christophe Castaner, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a annoncé "une nouvelle écriture complète de l'article 24", malgré sa première adoption par les députés.

"On ne peut pas accepter cette loi !", martèle Doria Chouviat. "Dans notre malheur, comme on le dit depuis le début, la seule chance qu'on a eue, ce sont ces vidéos. Vous imaginez si on n'avait pas ces vidéos, ça serait une double peine pour nous : la peine d'avoir perdu la personne qu'on aimait le plus, et le fait de ne pas pouvoir lui rendre justice", conclut-elle, toujours au micro d'Europe 1.

Europe 1
Par Marion Dubreuil