"L'heure est grave" : pourquoi l'agriculture a besoin de main-d'oeuvre pendant l'épidémie de coronavirus

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Le secteur agricole a été percuté de plein fouet par l'épidémie de coronavirus. Photo d'illustration. 2:07
Le secteur agricole a été percuté de plein fouet par l'épidémie de coronavirus. Photo d'illustration. © NICOLAS TUCAT / AFP
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Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume a demandé mardi aux personnes sans activité de rejoindre "la grande armée de l'agriculture". Si cela peut sembler contradictoire avec les consignes de confinement, le secteur agricole, touché de plein fouet par l'épidémie de coronavirus, manque véritablement de bras.

C'est un appel lancé mardi par le ministre de l'Agriculture : en pleine épidémie de coronavirus, Didier Guillaume a demandé aux hommes et aux femmes qui n'ont plus d'activité d'aller aider les agriculteurs dans les champs. Un appel polémique, entre incitation nationale à rester chez soi et encouragement à aller travailler dans certains secteurs. Mais derrière cet appel, l'agriculture tente à tout prix de combler le manque de main-d'oeuvre.

Normalement, entre mars et juin, le secteur recrute 200.000 saisonniers qui viennent de Turquie, du Maroc, de Pologne et d'autres pays. Or, en plein coronavirus, quasiment personne n'est venu cette année. Il n'y a donc personne pour ramasser les fraises, les asperges ou l'ail qui poussent en ce moment, personne non plus pour planter les tomates ou les melons que l'on voudra manger cet été.

"On va avoir besoin de bras"

"C'est une chaîne entière qu'il faut entretenir et il manque un maillon à la chaîne. Ce maillon, c'est la main-d'oeuvre pour récolter, planter et entretenir les cultures", souligne Sylvain Bernard, agriculteur prés d'Orange, dans le Vaucluse. "Si on ne l'a pas, il n'y aura rien dans les assiettes. Il faut prendre conscience qu'on va avoir besoin de bras dans les champs et les campagnes. L'heure est grave."

Manque de main-d'oeuvre d'un côté, et inactivité de l'autre. Ralph, coiffeur à Orange, ramasse des asperges et plante de tomates pour Sylvain Bernard. "Mon magasin est fermé, je n'ai pas le droit de travailler donc il n'y a aucune rentrée d'argent. Malheureusement, j'ai plein de choses à payer", déplore l'artisan. "Ils ont de la main d'oeuvre, moi j'ai un travail, donc finalement tout le monde est content."

Des règles à respecter

Selon les informations d'Europe 1, l'entreprise C&A devrait également soumettre l'idée à ses salariés en chômage technique, sur la base du volontariat. De son côté, le gouvernement prépare un assouplissement du code du travail, notamment pour que les salariés puisse cumuler ces revenus avec leurs indemnités de chômage.

Se pose enfin la question du respect des règles et des fameux "gestes barrières". La filière est en train de s'adapter : le travail doit se faire tous les deux rangs pour éloigner les salariés. Des jerrycans d'eau et du savon doivent être installés au bout de chaque rangée. Des précautions à respecter absolument pour ne pas que cet appel à l'activité n'obère les effets du confinement pour le reste de la population.