Des salariés d'Ascoval bloquent les entrées du site de Vallourec à Aulnoye-Aymeries

, modifié à
  • A
  • A
Ascoval crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP - 1280
Des salariés de l'aciériste Ascoval bloquent l'entrée du site de Vallourec vendredi matin © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
Partagez sur :

Alors que leur entreprise est en redressement judiciaire, plusieurs salariés d'Ascoval ont décidé de bloquer le site d'Aulnoy-Aymeries tôt vendredi matin. Le but : mettre la pression sur Vallourec, actionnaire de leur aciérie, avant une réunion d'importance sur leur sort à Bercy. 

L'ESSENTIEL

Les salariés de l'usine Ascoval de Saint-Saulve, dans le Nord, veulent se faire entendre. Alors que leur aciérie, détenue par Vallourec, est placée en redressement judiciaire, une trentaine d'entre eux a décidé de bloquer le site d'Aulnoye-Aymeries tôt vendredi matin. 

Les trois infos à retenir :

  • La secrétaire d'État à l'Économie reçoit vendredi l'ensemble des acteurs
  • Une trentaine d'employés d'Ascoval bloquent les entrées du site de Vallourec
  • L'aciérie a encore deux semaines pour trouver un autre repreneur

Une centaine de salariés bloqués à l'extérieur. "Ils sont motivés, déterminés, ils ne veulent rien lâcher. Ils veulent toujours produire de l'acier et ils n'ont pas envie que leur usine s'éteigne à jamais", a expliqué Nicolas Lethellier, syndicaliste CGT au micro d'Europe 1. "L'objectif, c'est de faire réagir Vallourec. C'est eux qui nous ont mis dans une telle situation ! C'est inconcevable qu'ils se désengagent de nous et nous laissent tomber totalement. Avec les sous-traitants, ce sont peut-être 2.000 emplois qui sont menacés. Que vont-ils devenir si nous ont arrête comme ça ?"

Jusqu'à présent, "on a été professionnels, dignes" mais "dorénavant, Vallourec, on va l'étouffer", avait prévenu dès mardi Bruno Kopczynski, porte-parole de la coordination syndicale d'Ascoval. Des feux de pneus ont été allumés devant les entrées du site d'Aulnoye-Aymeries où une centaine de salariés attendent devant l'entrée principale, dans le calme. Ils devaient prendre leur poste à 6 heures, jusqu'à 14 heures.

Encore deux semaines pour trouver un repreneur. Le tribunal de Strasbourg a accordé mercredi un sursis de deux semaines à l'aciérie d'Ascoval, en redressement judiciaire, bloquée depuis mardi par ses salariés qui espèrent toujours qu'un repreneur sauve les 281 emplois du site de Saint-Saulve.

Une offre rejetée par l'actionnaire Vallourec. Le groupe franco-belge Altifort a fait "une offre ferme" en s'engageant à investir 140 millions d'euros, à maintenir tous les emplois d'Ascoval et à en créer 133 nouveaux. Mais, en contrepartie, l'entreprise a demandé à l'actionnaire Vallourec le maintien du volume de commandes et des prix pendant les 18 mois suivant la reprise. Ces conditions ont été rejetées lundi par Vallourec, pour qui cette demande représente un effort de 51 millions d'euros qui serait "contraire à la préservation des intérêts du groupe".

Une réunion d'importance à Bercy. La secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher a annoncé jeudi qu'elle recevrait "l'ensemble des acteurs" vendredi. "On va prendre point par point ce dossier de reprise, (...) voir si Altifort peut aller jusqu'au bout du projet." Dans ce contexte, la secrétaire d'État a annoncé que le gouvernement allait demander au cabinet Roland Berger d'effectuer une évaluation de la situation économique du site, promettant de lui faire "rebalayer" tout le dossier. 

Elle a également réitéré son appel à être "responsable", formulé dans l'après-midi devant le Sénat, et a déclaré, dans la lignée de son ministre de tutelle Bruno Le Maire, que tout soutien de l'État ne se ferait qu'à condition de recueillir des financements équivalents de la part d'acteurs privés. "Il ne suffit pas de signer un chèque d'argent public pour qu'une usine fonctionne", a-t-elle déclaré. "Derrière, il faut que l'aciérie soit un projet qui soit vivant, qui gagne."

Créée en 1975 par Vallourec, l'aciérie de Saint-Saulve, spécialisée dans les aciers spéciaux, est devenue Ascoval en 2017. Vallourec, dont l'État est actionnaire, en avait cédé 60% au groupe Asco Industries, en conservant 40% avec des engagements de commandes. Mais Asco Industries a été placé en liquidation en février et depuis, l'aciérie attend un repreneur.