Ascoval, le Florange d'Emmanuel Macron ?

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Les salariés d'Ascoval veulent étouffer Vallourec, selon les déclarations d'un porte-parole de la coordination syndicale.
Les salariés d'Ascoval veulent étouffer Vallourec, selon les déclarations d'un porte-parole de la coordination syndicale. © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Emmanuel Macron a promis, à plusieurs reprises depuis 2015, de garantir la pérennité du site sidérurgique de Saint-Saulve, dans le Nord, aujourd'hui menacé par la fermeture.
ON DÉCRYPTE

Un site industriel menacé, un dossier qui s'enlise, des repreneurs refroidis ou au profil imparfait… Entre le dossier de Florange et celui d'Ascoval, il y a quelques similitudes. Sur ce site de Saint-Saulve, près de Valenciennes, les 280 salariés de l'aciérie attendent toujours une décision de justice quant à la reprise de leur usine. L'audience prévue mercredi au tribunal a été reportée de deux semaines. Et Emmanuel Macron pourrait traîner ce dossier comme le boulet que fut l'usine sidérurgique de Florange pour François Hollande, lors du précédent quinquennat. 

Pourquoi le dossier d'Ascoval n'avance-t-il pas ?

À plusieurs reprises, le chef de l'État s'est engagé à plusieurs reprises sur la pérennité de ce site sidérurgique, comme François Hollande l'avait fait avec le site de Florange. En juin 2015, celui qui est encore ministre de l'Économie assure aux salariés qu'il n'y aura "aucune fermeture et aucun départ contraint".

Ça met du temps mais effectivement, en janvier 2017, le site est repris par le groupe Ascométal. Moins d'un an après, ce dernier dépose le bilan. Emmanuel Macron assure alors à la maire de Saint-Saulve qu'elle peut "dormir sur ses deux oreilles". Mais quelques jours plus tard, le repreneur choisi par le tribunal ne veut pas du site de Saint-Saulve. Retour à la case départ. Aujourd'hui, il n'y a une seule offre ferme, celle du franco-belge Altifort. Problème : elle n’a pas du tout les financements suffisants, explique t-on à Bercy.

L'État peut-il trouver une solution pour Ascoval ?

Oui, d'autant plus qu'il est indirectement actionnaire de Vallourec, via la Banque publique d'investissement. Le repreneur a d'ailleurs demandé un soutien financier important à ce groupe. Mais Vallourec ferme la porte, le projet étant selon lui beaucoup trop fragile. Et puis ça va lui coûter cher, 51 millions d'euros sur trois ans. Alors faut-il tordre le bras à Vallourec ? Pour Bercy, ce n'est pas une option. Le groupe est déjà en difficulté, et il emploie quand même 2.800 salariés. Attention, donc, à ne pas le mettre en danger, dit-on dans l'entourage du ministre.

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Malgré tout, à Bercy, on veut montrer que l'on est actif. Bruno Le Maire a ainsi avancé mercredi une proposition : pour un euro d'argent privé investi, l'État mettra un euro d'argent public. Mais sans Vallourec, personne ne veut y aller, donc le dossier est dans l'impasse. "On n’est pas résignés, mais on n’est pas très optimistes", résume t-on dans l’entourage de Bruno Le Maire.

Emmanuel Macron a-t-il prévu de retourner à Saint-Saulve ?

Le 8 novembre, le chef de l'État sera à Maubeuge, non loin de Saint-Saulve, pour les commémorations de la Première Guerre mondiale. La veille, ce sera l'audience au tribunal pour la reprise d'Ascoval. Et les salariés l'attendent déjà sur place, impatients de confronter la situation actuelle à ses déclarations passées.