Nord : le tribunal accorde un nouveau sursis de deux semaines à l'aciériste Ascoval

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Ascoval, manifestation crédit : FRANCOIS LO PRESTI / AFP - 1280
Les salariés d'Ascoval ont manifesté mercredi devant l'usine de Saint-Saulve contre la fermeture du site © FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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Le tribunal de grande instance de Strasbourg a accordé mercredi un nouveau sursis à l'aciériste du Nord Ascoval en prenant deux semaines supplémentaires pour statuer sur son sort.

La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg s'est accordé mercredi un nouveau délai de deux semaines pour statuer sur le sort de l'aciérie Ascoval, en redressement judiciaire et qui emploie 281 salariés à Saint-Saulve, dans le Nord.

"Le tribunal veut trouver une solution". Le tribunal a décidé un renvoi au 7 novembre, ont indiqué des représentants de la direction et du personnel d'Ascoval à l'issue de l'audience. Ce délai doit permettre de valider le dossier de reprise de Altifort et de trouver un accord avec Vallourec, ont-ils expliqué. "Le sentiment, c'est que le tribunal veut trouver une solution positive et on va continuer à mettre la pression sur Vallourec", a déclaré Olivier Burgnies, délégué CFDT d'Ascoval.

L'État s'engage à participer au financement. Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a annoncé mercredi sur RTL que l'État mettrait "un euro d'argent public, pour un euro d'argent privé investi", à Ascoval. "Je recevrai à nouveau les salariés d'Ascoval et les élus, quand ils le souhaitent, soit en fin de semaine, soit en début de semaine prochaine, pour voir quelles décisions nous prenons ensemble", a-t-il assuré.

Mardi, les salariés d'Ascoval ont entamé un blocage de leur usine pour dénoncer la décision de Vallourec, qui a refusé une offre de reprise portée par le groupe franco-belge Altifort.

En attente d'un repreneur depuis février. Créée en 1975 par Vallourec, l'aciérie de Saint-Saulve, spécialisée dans les aciers spéciaux, est devenue Ascoval en 2017. Vallourec, dont l'État est actionnaire, en avait cédé 60% au groupe Asco Industries, en conservant 40% avec des engagements de commandes. Mais Asco Industries a été placé en liquidation en février et depuis, l'aciérie attend un repreneur.

Plusieurs candidats. Le groupe spécialisé dans les matériaux spéciaux Altifort avait fait "une offre ferme" en s'engageant à investir 140 millions d'euros, à maintenir les 281 emplois d'Ascoval et à en créer 133 nouveaux. Mais, en contrepartie, l'entreprise demandait à Vallourec un accompagnement sous la forme du maintien du volume de commandes et des prix pendant les 18 mois suivant la reprise.

Un autre candidat repreneur s'était manifesté, le groupe iranien Boost, mais il n'a remis qu'une lettre d'intention au TGI. Le journal La Voix du Nord a rapporté mardi qu'un industriel valenciennois, Pascal Cochez, avait également déposé une lettre d'intention. Une information confirmée par l'intéressé à l'AFP.

Les salariés d'Ascoval décident de poursuivre le blocage de l'aciérie

Les salariés de l'aciérie Ascoval ont décidé mercredi en assemblée générale de poursuivre le blocage de l'usine jusqu'à l'issue d'une réunion avec Vallourec qu'ils veulent obtenir, a annoncé un représentant syndical. "On reprendra le travail à condition que Vallourec suive le projet Altifort", a promis Nacim Bardi, délégué syndical CGT à la sortie de l'AG organisée à l'intérieur d'un hangar de l'usine, après que le tribunal de grande instance de Strasbourg a repoussé au 7 novembre sa décision.

Ce délai doit permettre de valider le dossier de reprise d'Altifort et de trouver un accord avec Vallourec, selon les représentants de la direction et du personnel présents à l'audience.