Déconfinement : un masque transparent pour aider les sourds et malentendants à communiquer

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Anissa Mekrabech, une Toulousaine de 30 ans atteinte de "surdité moyenne" s'est lancée dans la commercialisation d'un masque à moitié transparent pour permettre la lecture labiale. Invitée d'Europe 1 ce jeudi, elle explique pourquoi il s'agit d'un outil indispensable pour les sourds et malentendants. 
INTERVIEW

Comment vivre dans un pays où tout le monde porte un masque, alors qu'on a besoin de lire sur les lèvres de nos interlocuteurs à cause d'une surdité ? À quatre jour du déconfinement, et d'une galère annoncée, Anissa Mekrabech a décidé de commercialiser en France un masque de protection contre le coronavirus spécialement conçu pour les sourds et les malentendants. Invitée de la matinale d'Europe 1 jeudi, elle raconte comment elle en est venue à vendre ce masque en partie transparent permettant la lecture labiale. 

Des difficultés de compréhension avec un masque classique

C'est en se rendant à la pharmacie début avril, en plein confinement, que la Toulousaine de 30 ans s'est rendue compte de la difficulté à communiquer avec une personne qui porte ce type de protection. Entre "le personnel masqué, la vitre en plexiglas et la distance d'un mètre", Anissa Mekrabech, atteinte de "surdité moyenne", "ne comprend et n'entend rien". Malgré la bonne volonté de la pharmacienne, impossible d'établir un dialogue sans pouvoir lire sur les lèvres de son interlocutrice. 

En rentrant chez elle, elle se souvient alors d'un masque spécial pour sourds et malentendants, avec une partie transparente au niveau de la bouche, dont elle avait eu vent deux ans plus tôt "en s'intéressant à la langue des signes américaine". Ni une ni deux, elle se met au travail, fabrique un prototype, et décide le commercialiser.

Une cagnotte en ligne pour une commercialisation

Elle monte donc son site internet, mais aussi une cagnotte en ligne pour mettre son prototype "sous le feu des projecteurs". Un projet de crowdfunding qui a séduit à ce jour 421 personnes, qui ont donné un total de 16.550 euros, largement au-dessus des 10.000 euros dont avait besoin la Toulousaine pour se lancer dans la production. "C'est énorme et inattendu", commente-t-elle au micro d'Europe 1. "Ça touche au-delà de la surdité : ces masques sont utiles pour le personnel de la petite enfance, les restaurateurs... C'est pour tout le monde."

Europe 1
Par Ugo Pascolo