Dans le Loir-et-Cher, on veut revenir aux 90 km/h sur certaines routes au nom du "bon sens"

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Comme d'autres, le département du Loir-et-Cher espère que certains tronçons vont repasser à l'ancienne limitation de vitesse en raison d'une efficacité contestée des 80 km/h. En tout cas, les élus s'y préparent.
REPORTAGE

Comme Emmanuel Macron l’a laissé entendre mi-janvier, des aménagements de la loi décriée sur la limitation à 80 km/h sur les routes départementales pourraient être bientôt possibles. Selon nos informations, le retour à 90km/h est déjà concret dans certains départements.

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Dans le Loir-et-Cher, par exemple, on est prêt : les services ont déjà établi une carte du retour à 90 km/h. Pas moins de 500 kilomètres de routes sont susceptibles de repasser à l'ancienne limitation, sur les 3.200 limités à 80 km/h depuis juillet dernier. "Ça nous paraîtrait être être une mesure de bon sens", estime Nicolas Perruchot, le président du département de Loir-et-Cher.

Des situations différentes selon les routes. Sur la D110, il n'y a aucune ligne au sol pour séparer les deux voies de circulation. Ici, "on resterait à 80 km/h, [car] la vitesse nous paraît adaptée", explique Christian Viroulaud, directeur des routes du département du Loir-et-Cher. Deux kilomètres plus loin, on emprunte la D924, une route avec une meilleure visibilité : "Là, vous voyez tout de suite le changement de caractéristiques. C'est plus large, il y a plus d'accotement. Naturellement, on peut rouler à 90 km/h. Sur ces routes, on va proposer de revenir à la limite initiale."

" On ne regarde plus la route mais le compteur ! "

Ce retour à l'ancienne situation plairait à Philippe, qui prend ces routes tous les jours. "On essaie mais on ne peut pas respecter la limitation", explique l'automobiliste, qui avoue être en permanence en infraction. "On ne regarde plus la route mais le compteur !"

"Un ou deux coups de fil peuvent suffire". Pour les défenseurs du 80 km/h, la vitesse est un facteur aggravant des accidents. Nicolas Perruchot ne le conteste pas, mais attend encore qu’on lui démontre l’efficacité de cette loi : "Sur la première partie de l'année, on a eu un mort de moins que sur la deuxième partie de l'année. Donc quand on découpe l'année en deux, avant et après la limitation à 80 km/h, on a eu moins de morts avant." Le président LR du conseil départemental veut maintenant "passer aux choses concrètes" : "On sait qu'un ou deux coups de fil peuvent suffire ensuite pour avoir le décret, donc ça ne devrait pas être trop long."