Covid-19 : explosion des burn-out à la veille du retour au bureau

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La détresse psychologique des salariés reste élevée, selon un baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé par OpinionWay.
La détresse psychologique des salariés reste élevée, selon un baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé par OpinionWay. © Pixabay
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Les burn-out, ou épuisements professionnels, "explosent" à la veille d'un retour progressif au bureau et la détresse psychologique des salariés reste élevée, selon un baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé par OpinionWay et présenté mercredi.

À la veille d'un retour progressif au bureau, la détresse psychologique des salariés reste élevée, selon un baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé par OpinionWay et présenté mercredi. "Le taux de burn-out a doublé en un an, culminant à 2 millions de personnes en burn-out sévère", constate Christophe Nguyen, à la tête du cabinet franco-québécois Empreinte Humaine, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux (burn-out, dépressions, suicides...), en présentant la septième vague de ce baromètre depuis le début de la crise du Covid-19.

"Déshumanisation"

Le burn-out "concerne 1,5 fois plus les managers", précise-t-il, estimant qu'"avec de tels chiffres, dans un contexte de retour dans les bureaux, on peut s'attendre malheureusement à une nouvelle explosion des arrêts maladie dans les prochains mois".

Cet "épuisement professionnel sévère" se traduit, dit Christophe Nguyen, par une forme de "déshumanisation" avec "des gens qui fonctionnent comme des robots pour se protéger de leurs émotions" et qui "s'autocensurent" par crainte d'en parler.

Les indicateurs de l'état psychologique des salariés demeurent par ailleurs "très inquiétants" avec 44% des salariés en détresse psychologique (-1 point par rapport à mars 2021) dont 17% élevée (identique), selon l'enquête qui relève que six salariés sur dix estiment que leur direction "ne se rend pas compte de l'état psychologique des salariés et n'agit pas en fonction".

La détresse psychologique est un indicateur de santé mentale, validé internationalement et utilisé pour diagnostiquer les troubles mentaux. Le taux de dépression nécessitant un accompagnement chez les salariés reste à 36% (dont 21% risquant une dépression sévère) et 56% des salariés au chômage partiel présentent un "risque dépressif".

Les managers les plus exposés

Parallèlement, 15% des salariés disent avoir été absents pour raison de santé psychologique depuis un an. Le nombre moyen de jours d'absence par salarié est de 2,83. Un quart des salariés disent avoir "peur de perdre leur emploi"; c'est le cas de 39% de ceux en chômage partiel.

La fonction la plus exposée reste celle de manager, avec 52% d'entre eux en détresse psychologique. Six managers sur dix disent ne pas pouvoir faire leur travail comme ils le souhaiteraient, eu égard à "la taille des équipes" pour la moitié d'entre eux.

Les télétravailleurs sont aussi plus exposés avec 46% d'entre eux en détresse psychologique que leurs collègues en présentiel (40%) mais huit sur 10 veulent continuer à télétravailler à raison de un à trois jours par semaine.

Car si sept salariés sur 10 pensent qu'un retour en présentiel est "nécessaire pour la cohésion d'équipes", la moitié des télétravailleurs ne veulent "pas revenir au bureau comme avant". Ils disent notamment craindre "de ne pas pouvoir faire les mêmes amplitudes horaires" que pendant les confinements et qu'ils "ne tiennent pas" la charge de travail.

Après plus d'un an de crise sanitaire, confinements et bouleversements des modes de vie, la santé physique des salariés se dégrade elle aussi avec 40% qui disent avoir des problèmes de sommeil, 37% des douleurs et tensions musculosquelettiques, 19% des problèmes digestifs, 26% des maux de tête et 10% des nausées.

La septième vague du baromètre "Impact de la crise sanitaire sur la santé psychologique des salariés" a été réalisée en ligne du 30 avril au 10 mai 2021 auprès d'un panel représentatif de 2.007 salariés selon la méthode des quotas. La marge d'erreur est de 2,2 points maximum.