Corruption : les activités d'Orano (ex-Areva) en Mongolie visées par une enquête judiciaire à Paris

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Orano a obtenu en 2013 l'exploitation de gisements d'uranium en Mongolie.
Orano a obtenu en 2013 l'exploitation de gisements d'uranium en Mongolie. © JEFF PACHOUD / AFP
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Une enquête portant sur des soupçons de corruption a été ouverte à Paris à l'encontre de la société Orano, qui exploite depuis 2013 des gisements d'uranium en Mongolie. 

Le parquet national financier enquête sur des soupçons de corruption autour des activités minières du groupe nucléaire français Orano (ex-Areva) en Mongolie, a appris l'AFP mercredi de sources proches du dossier. Ces soupçons "de corruption d'agent public étranger" impliquent notamment un des prestataires d'Orano, la société de conseil Eurotradia International, qui a joué un rôle clé pour lui obtenir en 2013 l'exploitation de gisements d'uranium dans le désert de Gobi.

Des anciens Premiers ministres mongols mis en cause. Cette affaire s'inscrit dans le cadre d'une campagne anticorruption en Mongolie où, dans un autre dossier, deux anciens Premiers ministres ont été incarcérés en avril pour des accords controversés avec le géant minier anglo-australien Rio Tinto. Selon la lettre d'information spécialisée Intelligence Online (IOL), "l'homme d'affaires Tim Riedinger, partenaire d'Eurotradia International, a été perquisitionné le mois dernier par le PNF" dans le cadre de cette enquête préliminaire. "Nous avons décidé de mettre fin à nos contrats avec Eurotradia", a fait savoir mercredi un porte-parole d'Orano. "Nous n'avions rien noté d'anormal et nous nous tenons désormais à la disposition de la justice", a-t-il ajouté, affirmant que "Eurotradia n'avait pas notre accord pour recourir à des intermédiaires mongols".

10 ans de tractations. En octobre 2013, sous la présidence de Luc Oursel, Areva avait conclu un partenariat stratégique pour exploiter deux gisements d'uranium dans le désert de Gobi avec le mongol Mon-Atom et le japonais Mitsubishi. L'accord couronnait plus de dix ans de prospection du groupe français en Mongolie mais il était resté incertain jusqu'au dernier moment. Le projet avait suscité de fortes oppositions environnementales dans cet immense pays de trois millions d'habitants, dont le sous-sol est riche en minerais.

Le groupe nucléaire est déjà visé depuis 2015 par une enquête préliminaire du PNF. Cette affaire, surnommée "Uraniumgate", porte sur la vente controversée, à l'automne 2011, d'une importante quantité d'uranium nigérien pour 320 millions de dollars. D'anciens dirigeants du groupe, dont son ex-présidente Anne Lauvergeon, sont par ailleurs au cœur de deux enquêtes en France visant le rachat controversé de la société minière canadienne Uramin en 2007.