Coronavirus : pourquoi la France peine à surveiller le variant anglais

, modifié à
  • A
  • A
Coronavirus 1:27
Le variant britannique du Covid-19 a même contraint le Royaume-Uni à se reconfiner (Illustration). © JEFF PACHOUD / AFP
Partagez sur :
Alors que le Royaume-Uni a annoncé un reconfinement total dès mercredi après avoir été touché par un variant du Covid-19, la France, elle, ne semble pas assez armée pour surveiller le développement de ce virus mutant sur le territoire. Et s'il venait à se multiplier, des mesures beaucoup plus restrictives devraient être mises en place.

C'est un virus très contagieux, 56% de plus même que le Sars-CoV2 que nous connaissons depuis l’an dernier, selon les dernières études. Le variant britannique du Covid-19 a même contraint le Royaume-Uni à se reconfiner. Mais qu'en est-il sur le sol français ? Après un cas à Tours à Noël et un deuxième en Corse, le ministre de la Santé a assuré mardi qu’il y avait environ une dizaine de cas sur le territoire français. Seulement voilà, la France n’est pas suffisamment équipée pour détecter les nouveaux cas de ce variant anglais.

 

Car lorsque l'on réalise un test PCR, il n'est pas possible de savoir d’emblée quel type de coronavirus le patient a contracté. Pour savoir s'il s'agit du variant anglais, il faut en passer le séquençage, c’est-à-dire mettre au point une carte d’identité génétique du virus avec des appareils spécifiques.

Un réseau de surveillance moins efficace qu'au Royaume-Uni

Et c’est là que le bât blesse car la France ne dispose pas du tout du même réseau de surveillance que le Royaume-Uni, comme l’explique le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon à Paris. "On n'a pas une base de données nationales de tous les séquençages d'abord, et deuxièmement, on ne séquence pas assez. Les laboratoires de virologie séquencent 100 fois moins que les Britanniques", reconnaît le spécialiste.

En conséquence, si le variant anglais se multiplie, et on sait d'ores et déjà qu'il est très contagieux, le pays mettra trop longtemps à s’en apercevoir. Selon un membre du Conseil scientifique, "il faudra alors frapper très fort" pour casser les chaînes de contaminations, quitte à appliquer des mesures beaucoup plus contraignantes que le couvre-feu actuellement en vigueur.

Europe 1
Par Victor Dhollande, édité par Manon Fossat