Coronavirus : la contrôleure des prisons appelle à libérer "au moins 7.000 détenus supplémentaires"

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Adeline Hazan s'inquiète de la situation dans les prisons.
Adeline Hazan s'inquiète de la situation dans les prisons. © LOIC VENANCE / AFP
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Selon la contrôleure des prisons Adeline Hazan, la libération d'"au moins 7.000 détenus supplémentaires" est nécessaire dans les prisons pour éviter un désastre sanitaire causé par l'épidémie de coronavirus. 

Les mesures gouvernementales pour désengorger les prisons afin d'y limiter le risque d'une propagation de l'épidémie de coronavirus ne sont "pas à la hauteur" de la crise, déplore lundi auprès de l'AFP la contrôleure des prisons Adeline Hazan. Depuis leur mise sous cloche il y a trois semaines, les prisons françaises ont 6.266 prisonniers en moins. Jugeant ce nombre "insuffisant", la contrôleure générale des lieux de privation et de liberté (CGLPL) réclame les libérations anticipées d'"au moins 7.000 détenus supplémentaires" pour éviter un désastre sanitaire. 

"Il y avait 72.575 détenus le 16 mars pour quelque 61.000 places opérationnelles, mais en réalité ce sont plutôt 55.000 places qui sont utilisables", alerte Adeline Hazan, selon qui "ce niveau de surpopulation n'a jamais été atteint". Dans les maisons d'arrêt, on dénombrait au 1er janvier 13.705 détenus en surnombre, qui partagent souvent à trois des cellules de 9 m2", regrette-t-elle encore.  

"Ce sont donc au moins 13.000 détenus qu'il faut libérer, voire 15 ou 16.000", plaide Adeline Hazan, "c'est la seule façon de limiter la propagation de l'épidémie". 

Les mesures du gouvernement "insuffisantes"

Pour la contrôleure des prisons, les mesures annoncées par la garde des Sceaux Nicole Belloubet, "si elles vont dans le bon sens", sont "insuffisantes, en plus d'être tardives, car elles ne facilitent que les libérations anticipées des détenus qui sont à deux mois de leur fin de peine". "Depuis le début, il fallait prévoir de libérer les détenus qui sont à six mois ou moins de leur fin de peine", poursuit Adeline Hazan. 

Au vu de la situation "exceptionnelle", il faut avoir le "courage de prendre des mesures exceptionnelles", martèle Adeline Hazan. "C'est pourquoi j'ai proposé des grâces individuelles à multiplier, voire une loi d'amnistie. Rien qu'en libérant ceux qui sont à moins de six mois de leur fin de peine, on frôlerait les 10.000 détenus en moins", poursuit-elle