Soignants et pharmaciens s'étonnent de l'abondance soudaine de masques en supermarchés

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Masques 1:57
Certains professionnels de santé demandent à l'Etat de réquisitionner les masques commandés par les hypermarchés. © AFP
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Les chaînes d'hypermarchés multiplient les grosses commandes pour s'équiper en masques et en vendre à la population. Mais dans le même temps, les pharmaciens rappellent qu'ils doivent toujours rationner ces ventes.

Le sujet préoccupe tous les Français pendant cette crise du coronavirus : va-t-on pouvoir trouver des masques au moment du déconfinement, à partir du 11 mai ? Ces outils, qui ont cruellement manqué aux soignants, seront bientôt disponibles un peu partout avec un prix plafond de 95 centimes par unités pour les masques jetables. Mais les personnels de santé s'étonnent de cette abondance soudaine.

225 millions de masques pour Carrefour

Quand Carrefour a annoncé avoir commandé 225 millions de masques pour la vente ainsi que 70 millions pour son personnel et quand Leclerc a indiqué escompter 170 millions d'unités et bientôt davantage, les pharmaciens se sont étranglés. Eux qui étaient rationnés pour les vendre au personnel soignant n’en reviennent toujours pas de ces chiffres vertigineux.

"Les pouvoirs publics nous demandaient de distribuer des masques chirurgicaux aux professionnels de santé en manque de masques. On en distribue 18 par semaine pour les infirmiers et les médecins, 6 par semaine pour les kinés et les sage-femmes. On compte au masque près !", s'insurge au micro d'Europe 1 Gilles Bonnefond​, président de l'Union syndicale des pharmaciens d’officine.

La réquisition des masques demandée

Le président de l'Union syndicale des pharmaciens d'officine rappelle qu'"on nous a demandé de ne pas en donner au grand public ni à nos patients. On voit en grande surface arriver avec des quantités phénoménales de masques chirurgicaux, alors que le ministère de la Santé nous dit qu'on est encore en pénurie. C'est purement scandaleux !" Certaines organisations demandent même à l’État de réquisitionner ces masques.

Les hypermarchés se défendent en expliquant que ces quantités sont des commandes échelonnées sur plusieurs semaines et que les stocks physiques réels sont bien moindres dans les entrepôts. Ils précisent également qu’une bonne partie de ces masques chirurgicaux seront vendus 58 centimes, c’est-à-dire à prix coûtant, sans aucune marge.