Blocage de dépôts pétroliers dans l'Ouest : "On va aller à la bagarre !"

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Depuis lundi, la moitié des stations-service de Bretagne sont totalement ou partiellement à sec. C'est la conséquence directe du blocage de cinq dépôts pétroliers de l'Ouest depuis jeudi soir par des PME du bâtiment et des travaux publics. Exemple à Lorient, où 80 engins de chantiers bloquent le dépôt pétrolier.
REPORTAGE

Depuis jeudi soir, cinq dépôts pétroliers sont bloqués dans l'Ouest de la France, entraînant des pénuries dans les stations-service. Le blocage se fait à l'initiative de PME du bâtiment et des travaux publics. Certains de leurs représentants ont été reçus lundi à Bercy, où ils ont obtenu "quelques avancées" sur plusieurs de leurs revendications mais rien sur le point essentiel : le délai d'application de la suppression du gazole détaxé pour les engins de chantier.

Ce sera bien en juillet 2022, a rappelé l'entourage du ministre de l'Economie. Les responsables du mouvement vont consulter leurs troupes mardi pour savoir quelle suite apporter au blocage. "Tant que le gouvernement n'aura pas compris, on ne cédera pas et on va aller à la bagarre !", menace le leader de l'action dans le Morbihan. A Lorient, le dépôt pétrolier est bloqué par près de 80 engins de chantiers.

Entendu sur europe1 :
C'est la merde ! Ca fait quatre stations qu'on fait et dans les quatre il n'y a plus de gazole !

Le pompiste de la station Total de Keroman, à sec, tente de stopper le flux ininterrompu de véhicules qui font le forcing : "Demi-tour ! Dehors ! Il n'y a plus de gazole ici !". Au volant, Stéphanie surchauffe : "C'est la merde ! Ça fait quatre stations qu'on fait et dans les quatre il n'y a plus de gazole !". Manon, elle, s'inquiète : "Il me reste 30 kilomètres, je suis aide-soignante à domicile. Je ne peux pas soigner les gens sans gazole".

>> Retrouvez la matinale du jour de Matthieu Belliard en replay et en podcast ici https://www.europe1.fr/emissions/le-6-9

Certains des patients subissent ainsi la double peine : plus de soins ni de chauffage. Depuis vendredi, l’entreprise Allain n’a plus une goutte de fioul domestique à livrer : "Je ne peux pas livrer treize personnes, souvent âgées", explique sa responsable. "La cuve est vide donc il n'y a plus de chauffage. Elles paniquent car certaines sont malades, alitées et sans chauffage ça peut être très dangereux".

Le préfet du Morbihan, lui, refuse tout rationnement. Cela contribuerait, dit-il, à accentuer la psychose et donc la pénurie !

Europe 1
Par François Coulon, édité par Maxime Dewilder