Après les "gilets jaunes", un peu plus de 10.000 "foulards rouges" défilent à Paris

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Munis de drapeaux tricolores ou de drapeaux européens, plus de 10.000 personnes ont défilé dimanche après-midi dans les rues de Paris, en réaction aux violences qui ont émaillé la crise des "gilets jaunes". 
REPORTAGE

Quelque 10.500 "foulards rouges", selon la préfecture de police de Paris, ont défilé dimanche, sous la pluie, de la place de la Nation à la Bastille pour "défendre la démocratie et les institutions" face aux violences qui ont émaillé la crise des "gilets jaunes". Le chiffre est finalement conforme à l'espoir d'avoir 10.000 participants "minimum" affiché par les organisateurs de cette "Marche républicaine des libertés".

La "majorité silencieuse", "terrée chez elle depuis six semaines". Alors que la tête du cortège scande "Oui à la démocratie, non à la révolution !", les manifestants arborent quelques drapeaux français et une poignée de drapeaux européens. Certains portent des tee-shirts sur lesquels est imprimé "J'aime ma république", et "stop aux violences". Ils répondent à un "appel à la majorité silencieuse qui reste terrée chez elle depuis dix semaines", selon les termes de l'initiateur de la marche, l'ingénieur toulousain Laurent Soulié. C'est depuis sa page Facebook qu'il a lancé mi-décembre l'idée de cette marche, avant d'être rejoint par le collectif des "foulards rouges", né fin novembre pour protester contre les blocages des "gilets jaunes". Ce collectif a pu se joindre au défilé à condition qu'il ne se soit pas une manifestation de soutien au président Macron mais, plus largement, à la République.

"On défend les intérêts de la démocratie". "On en a assez de la violence et de cette casse permanente", a tempêté Jean-Claude, venu spécialement de Nice, au micro d'Europe 1. "On en a marre, tous les samedi ça recommence : on ne peut plus travailler, on ne peut plus bouger, donc on défend les intérêts de la démocratie", poursuit-il. Nadia, qui se dit de gauche, est venue dénoncer la façon dont les "gilets jaunes" veulent se faire entendre. "Beaucoup de gens prennent la parole aujourd'hui pour déverser leur venin et je pense que c'est extrêmement dangereux", estime-t-elle. "Il y a beaucoup de choses à corriger, mais il y a des dérives qu'on ne peut pas accepter et il faut qu'on fasse très attention", tranche Nadia.  

"Stop aux violences verbales ou physiques". Nombre des "foulards rouges" prévoyant de participer à la manifestation disent avoir partagé certaines revendications des "gilets jaunes", mais rejeter la violence "contre les institutions". Marie-Line, 62 ans, est venue de Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne. Cette cadre infirmière dans un hôpital public, qui n'était "pas contre l'idée originale (des "gilets jaunes") de râler un peu", est "venue pour dire stop aux violences verbales ou physiques". Un petit incident tout de même : selon un journaliste du Monde, une femme qui venait de crier "Macron démission" a été giflée par une participante des "Foulards rouges". Le calme est rapidement revenu. 

Pas une manifestation anti "gilets jaunes". "Ce n'est pas une manifestation contre les 'gilets jaunes', c'est une manifestation pour (leur) dire: Vous avez des revendications, nous les entendons mais il y a un autre lieu que la rue pour discuter, on ne va pas bloquer le pays et l économie parce que on considère que le président est illégitime", déclare aussi sur place le sénateur François Patriat (LREM).

Une vingtaine de députés LREM présents. Si Laurent Soulié est un sympathisant assumé de La République en marche (LREM), le parti présidentiel et la majorité se tiennent pourtant à l'écart de cette initiative, malgré la présence, selon François Patriat, d'une vingtaine de députés -dont Olivia Grégoire et Jean-Michel Fauvergue- et de six sénateurs à la manifestation. "Cette marche et cette démarche ont toute ma sympathie, et pourtant je n'y participerai pas", car "on dirait tout de suite que c'est une récupération", a ainsi déclaré Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale, au micro du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

Des dizaines de "gilets jaunes" hués. À l'arrivée place de la Bastille, les participants ont essuyé les huées et invectives de quelques dizaines de "gilets jaunes" postés sur les marches de l'opéra, sous deux banderoles : "Macron Destitution", et "Tout brûle déjà".