Anthony, 37 ans, donne parfois des fessées à son enfant : "Ça reste un acte mesuré, ce n'est sûrement pas pour me défouler"

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© LOIC VENANCE / AFP
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Il arrive à Anthony de donner des fessées à son fils de six ans. "Je sais que ça peut déranger quand on dit qu'on met des fessées. Moi, je le dis sans aucun problème", a-t-il confié au micro d'Olivier Delacroix sur Europe 1.
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Anthony, 37 ans, est papa de Raphaël, un garçon de 6 ans. Pour le punir, il lui arrive parfois d'avoir recours à la fessée. "C'est juste une petite tape sur les fesses pour dire : 'Maintenant, stop, ça suffit, tu as dépassé les bornes'", explique-t-il à Olivier Delacroix sur Europe 1.

"C'est plus facile maintenant que les années passées. Mais ça a été difficile avec mon fils vers l'âge de trois, quatre ans. Pour en avoir discuté avec les parents d'élèves à l'école, on est tous passé par les mêmes étapes, au même moment. Quand il ne voulait pas finir son assiette, quand il ne voulait pas aller se coucher alors qu'il était tard et qu'il y avait école le lendemain, la punition ne tenait jamais.

On commençait par vouloir le mettre au coin mais il n'y restait pas. Il y restait deux secondes, le bras croisés, la tête penchée vers le bas mais après, il allait tout simplement ailleurs dans la pièce ou dans la maison. Il ne restait pas à l'endroit que j'avais décidé ou que sa maman avait décidé. Ça, je ne l'acceptais pas. La punition, ce sont les parents qui la décident, ce n'est pas lui qui décide où il fait sa punition.

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"C'est juste une petite tape sur les fesses pour dire : 'Maintenant, stop, ça suffit, tu as dépassé les bornes'"

Je pratique un petit peu la fessée mais pas énormément. Je sais que ça peut déranger quand on dit qu'on met des fessées. Moi, je le dis sans aucun problème, mon enfant a des fessées. Ça reste un acte mesuré, ce n'est sûrement pas pour me défouler. C'est juste une petite tape sur les fesses pour dire : 'Maintenant, stop, ça suffit, tu as dépassé les bornes.'

Maintenant, ça marche beaucoup mieux qu'à l'âge de trois ou quatre ans. Déjà, le coin, ça marche assez bien. La fessée, on prévient avant. On dit : 'Je compte jusqu'à trois et tu auras une fessée.' Après une fois, deux fois, trois fois, c'est : 'Est-ce que tu as compris maintenant ?' Si ce n'est pas compris, c'est la petite fessée. On ne se défoule pas comme ça sans prévenir, on prévient avant. Ce qui marche bien, c'est la privation également. Priver d'écran, priver de la sortie que l'on devait faire l'après-midi. Nous adultes, on a des frustrations aussi, donc il faut apprendre.

Je trouve que le fait que tout ne tombe pas comme ça, tout cuit, du ciel, le fait de punir quand quelque chose n'a pas été - la punition est adaptée à l'acte, évidemment - ça lui fait comprendre qu'on ne peut pas se moquer du monde comme ça. On ne peut pas se moquer de ses parents, on ne peut pas se moquer de sa maîtresse, on ne peut pas se moquer de ses grands-parents ou de ses copains. Les actes, les paroles, ça se paye.

"Quand il a été puni, après, on fait une sorte de débriefing"

Nous adultes, dans la vie, on doit rendre des comptes tous les jours, on ne peut pas dire ce que l'on veut, n'importe quand. Je pense qu'il faut qu'ils apprennent tôt et je trouve qu'à l'âge qu'il a, il enregistre bien. Quand il a été puni, après, on fait une sorte de débriefing.

Je ne comprends pas que l'on puisse avoir une éducation laxiste. Il ne faut pas être trop dur non plus, ce n'est pas ça. Mais les gens qui laissent tout passer, qui disent que ce n'est pas grave, je ne comprends pas. J'en ai vu plein, j'en ai autour de moi, ça me hérisse les poils de voir ça. Un lâcher prise de la part des parents, ce n'est pas normal.

Moi, j'ai été puni, j'ai eu quelques fessées. Jusqu'à présent, je n'en veux pas à mes parents. Évidemment, sur le coup, je leur en ai voulu. Je me rappelle, quand j'étais petit, je leur en ai voulu monstrueusement des frustrations que j'ai ressenties. Ils avaient raison sur le coup."

Europe 1
Par Grégoire Duhourcau