Accident sur l'A7 : un enchaînement de défaillances mécaniques extrêmement rare

  • A
  • A
accident A7 Drôme 1:09
L'accident de voiture sur l'A7 a été provoqué par un turbocompresseur "grillé". © Olivier CHASSIGNOLE / AFP
Partagez sur :
Le grave accident de voiture intervenu lundi soir sur l'A7, dans la Drôme, qui a provoqué la mort de cinq enfants, a été provoqué par un turbo "grillé". Une défaillance mécanique qui, généralement, ne dégénère pas de la sorte, comme l'explique sur Europe 1 Philippe Touzé, ingénieur automobile et expert en accidentologie.

L'accident de voiture qui a coûté la vie à cinq enfants, lundi soir sur l'A7 dans la Drôme, a été causé par la casse du turbocompresseur du véhicule. Voilà les premières conclusions de l'expert judiciaire en mécanique dépêché sur l'affaire. Cet incident a ensuite engendré un emballement du moteur de la voiture, puis son embrasement. Un enchaînement de circonstances extrêmement rare, selon Philippe Touzé, ingénieur automobile et expert en accidentologie.

"Des ruptures de turbocompresseur, dans l'énorme majorité des cas, cela ne dégénère pas en incendie, ni en perte de système d'assistance au freinage", note le spécialiste au micro d'Europe 1. Un turbocompresseur peut-il s'abîmer au point de provoquer un tel accident ? "Cette pièce est très dépendante de l'entretien général du moteur. Pour conserver un turbocompresseur en bon état, il faut régulièrement faire des vidanges et remplacer le filtre à air et à huile."

Avant la panne, des symptômes à identifier

D'où la nécessité, avant un long trajet, de vérifier que le niveau d'huile est conforme. "Car l'un des symptômes de défaillances du turbocompresseur, ce sont des pertes de puissance, des traces d'huile dans le filtre à air ou à l'échappement", détaille Philippe Touzé. "Avant de tomber en panne, il y a des symptômes qu'il faut savoir identifier."

Reste que "le turbocompresseur peut parfaitement durer toute la vie de la voiture à partir du moment où l'entretien est régulier". Le véhicule impliqué dans l'accident de l'A7 aurait dû être révisé en mai dernier, mais avec le confinement l'Etat avait accordé une modification des délais, repoussant celui-ci à l'automne. Les occupants de la voiture n'étaient donc pas en infraction.

Europe 1
Par François Willmann, édité par Margaux Baralon