A Bayonne, l’émotion et la colère aux obsèques du chauffeur de bus Philippe Monguillot

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Obsèques chauffeur du bus Bayonne AFP 1:53
Plusieurs centaines de personnes ont assiste aux obsèques du chauffeur de bus battu à mort à Bayonne. © AFP
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Environ un millier de personnes ont assisté à Bayonne aux obsèques de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus tué par des voyageurs pour avoir réclamé le port du masque. Un acte qui suscite toujours l’incompréhension et la colère des proches et des collègues de la victime.
REPORTAGE

Deux semaines après l'agression, les obsèques du chauffeur de bus Philippe Monguillot ont eu lieu lundi après-midi à Bayonne. La cérémonie a réuni une foule de plus d'un millier de personnes, dont la veuve et les trois filles de la victime, ainsi que de nombreux collègues. Marlène Schiappa, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur chargée de la Citoyenneté, a également assisté aux funérailles. 

Philippe Monguillot avait été violemment agressé par des voyageurs pour avoir demandé le port du masque, le 5 juillet dernier, avant de succomber quelques jours plus tard à ses blessures. Sa mort avait suscité une vive émotion dans le pays, et une marche blanche avait réuni plus de 6.000 personnes à Bayonne.

Le message de la veuve, Véronique, aux élus : "Plus jamais ça"

La foule a suivi la cérémonie sur écran géant, depuis l’extérieur. Le protocole sanitaire n’autorisait que 200 personnes à prendre place dans l’Église. Le prêtre qui officiait connaissait Philippe Monguillot : il avait célébré son mariage avec sa femme Véronique, il y a plus de 20 ans. Sa veuve, vêtue de noir, a difficilement pris la parole, tour à tour avec ses trois filles.

"Je t’ai aimé, je t’aime et je t’aimerai toute ma vie. Je voudrais dire une dernière chose pour les élus et les autorités : ‘plus jamais ça’", a demandé Véronique Monguillot, un message massivement applaudi par l’assistance, et notamment les chauffeurs de bus présents aux obsèques.

Un déferlement de violence qui suscite toujours autant l’incompréhension

Jean-Jacques, un chauffeur de bus, portait un t-shirt blanc avec l’inscription : "Pour Philippe". "C’était quelqu’un de jovial, de toujours agréable et gentil, de souriant. La cérémonie était à son image, avec des chants basques", assure-t-il, avant d’exprimer à son tour sa colère. "Il ne faut pas que cette violence continue à nous grignoter petit à petit", insiste-t-il, avant de demander à son tour : "Plus jamais ça".

Un message sur lequel Véronique Monguillot est revenue, quelques instants après la cérémonie. "Le ‘plus jamais ça’ concerne tout le monde. Il faut vraiment arrêter ce massacre", insiste la veuve. Car dans l’assistance, personne n’arrive à comprendre ce déferlement de violence. Certains chauffeurs de bus le confient : "Forcément, on va y repenser quand on va reprendre le travail".