Confinement : pourquoi Macron n'a pas encore tranché

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Les indicateurs épidémiques sont surveillés tandis que le gouvernement se prépare à un nouveau confinement. © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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L'hypothèse d'un troisième confinement se précise au fil des jours, face à la situation épidémique en France. Les autorités sanitaires scrutent les indicateurs, notamment celui de la circulation des variants du virus. Quant au gouvernement, les réunions se multiplient. Un confinement comme en novembre semble privilégié mais deux lignes s'affrontent. 
DÉCRYPTAGE

Va-t-on être reconfiné ? L'hypothèse se fait de plus en plus probable, à quelques jours d'un conseil de défense sanitaire qui doit se tenir mercredi. S'il s'en défend et assure que la décision n'est pas encore prise, l'exécutif semble préparer les esprits à cette éventualité depuis plusieurs jours. "Des décisions seront prises cette semaine", a indiqué ce lundi le Premier ministre Jean Castex, tandis que les réunions s'enchaînent au plus haut sommet de l'Etat. Les indicateurs épidémiques de ces prochaines heures seront décisifs et particulièrement scrutés par les autorités de santé, notamment celui de la propagation des variants

Selon la première enquête, qui a estimé sa circulation début janvier, nous étions à 1,4% des cas de Covid issus de ce variant britannique. Désormais, nous serions plutôt aux alentours de 7 à 9% dans certaines régions, notamment la région parisienne, selon l'immunologue Jean-François Delfraissy. 

Les variants créent presque l'équivalent d'une deuxième pandémie

Ces variants britanniques, mais aussi sud-africains ou brésiliens changent totalement la donne, affirme le président du Conseil scientifique. Ils recréent presque l'équivalent d'une deuxième pandémie car ils se propagent beaucoup plus vite et pour l'instant, à bas bruit en France. Les chercheurs britanniques parlent d'un nombre de variant multiplié par six ou huit chaque mois.

Santé publique France espère lancer une nouvelle enquête flash cette semaine. Comme pour la première, il s'agira de repérer les cas suspects sur deux jours grâce à certains tests PCR qui donne des réactions atypiques, caractéristiques de la présence du variant britannique. Et de confirmer ces résultats par un séquençage génétique. La nouveauté cette fois ci c'est que les laboratoires devraient aussi pouvoir utiliser des tests PCR qui donnent des alertes sur les variants sud-africains.

L'hypothèse d'un confinement comme en novembre

En attendant, plusieurs scenarii sont sur la table du gouvernement, allant du statu quo au confinement total du pays. L'hypothèse qui revient le plus est celle d'un confinement similaire à celui vécu en novembre dernier, soit le retour des attestations, une limitation des déplacements, la mise en place du télétravail mais les écoles ouvertes.

Point d'interrogation dans ce tableau : l'organisation des vacances scolaires d'hiver. Certains plaident pour un regroupement des zones A, B et C, tandis que d'autres poussent pour un allongement de la période de congés.

Comme avant chaque décision sanitaire, l'exécutif est divisé en deux lignes. La ligne "sanitaire", qui souhaite une mise sous cloche stricte et rapide pour faire baisser les courbes épidémiques, s'opposant à la ligne économique et politique qui défend la nécessité de laisser les entreprises ouvertes et surtout l'acceptation sociale.

Les manifestations anti-couvre-feu en Espagne ou au Danemark, ainsi qu'aux Pays-Bas, où elles ont été entachées de violences, pèsent sans doute aussi dans la balance.

A l'issue du conseil de défense mercredi, l'horizon devrait se clarifier pour les Français quant aux restrictions à venir et leurs calendriers.

Europe 1
Par Anne Le Gall, Louis de Raguenel, édité par Mathilde Durand