Les soignants réclament une augmentation de leur salaire. 0:58
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Antoine Terrel , modifié à
Invité vendredi d'Europe 1, Aissou Asdine, secrétaire général CGT de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, est revenu sur la "prime Covid" promise au personnel hospitalier. Selon lui, la priorité devrait être l'augmentation des salaires. 
INTERVIEW

Alors que l'épidémie de coronavirus continue de mobiliser les personnels hospitaliers, Emmanuel Macron s'est rendu vendredi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière et affirmé vouloir "mettre fin" à la "paupérisation" des personnels soignants. Le même jour, le gouvernement a arrêté les détails de la "prime Covid" promise au personnel hospitalier.

Invité d'Europe 1, Aissou Asdine, secrétaire général de la CGT de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, présent lors de la visite présidentielle, est revenu sur cette prime pouvant aller jusqu'à 1.500 euros. "On ne vas pas cracher sur l'argent (...) mais on veut la revalorisation de notre salaire", martèle-t-il. 

Des salaires "exécrables"

Promise fin mars, mais suspendue depuis lors à la publication d'un décret, la prime sera versée à "l'ensemble des professionnels des établissements publics de santé" mobilisés "face à l'épidémie", a annoncé vendredi le ministère de la Santé. Cette récompense, défiscalisée et exemptée de cotisations sociales, atteindra 1.500 euros pour les soignants qui ont travaillé dans les départements les plus touchés ou dans des hôpitaux ayant accueilli des malades. Pour les autres, elle sera de 500 euros.

"On a besoin d'argent pour les fins de mois", reconnaît Aissou Asdine. Mais, ajoute-t-il aussitôt, dénonçant des salaires "exécrables, les plus bas d'Europe", ce que réclament les soignants et les syndicats, "c'est la revalorisation de notre salaire. Il nous faut d'office 300 euros d'augmentation".  

"Si ces engagements ne sont pas respectés, la population sera avec nous si nous manifestons"

Aissou Asdine est aussi revenu sur la visite d'Emmanuel Macron, au cours de laquelle le président de la République a été interpellé à plusieurs reprises par les personnels. "Nous lui avons dit que nos conditions de travail sont inacceptables (...) et que la population a pris conscience que l'hôpital est en danger". Concernant les promesses du chef de l'Etat et du gouvernement, "je ne demande qu'à voir", réagit le syndicaliste, avant de prévenir : "Si ces engagements ne sont pas respectés, la population, tous ceux qui nous ont applaudi, seront demain dans la rue avec nous si nous devons manifester". 

"Aujourd'hui, un grand nombre d'aide-soignants et d'infirmiers sont en commission de surendettement", alerte encore Aissou Asdine. Et de conclure : "On ne peut plus accepter qu'à l'hôpital public, pour des raisons économiques, les gouvernements successifs aient décidé de délocaliser la fabrication des masques dans d'autres pays, et que nous en payons les conséquences."