DÉBAT - Faut-il laisser circuler le variant Omicron ?

L'épidémiologiste Yves Buisson et l'essaysite Philippe Herlin ont débattu sur le vaccin.
L'épidémiologiste Yves Buisson et l'essaysite Philippe Herlin ont débattu sur le vaccin. © Europe 1
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Gauthier Delomez , modifié à
Alors que les chiffres de contamination au Covid-19 explosent ces derniers jours, avec un variant Omicron très contagieux, l'épidémiologiste pro-vaccin Yves Buisson et l'essayiste non-vacciné Philippe Herlin se sont demandés s'il fallait laisser circuler ce variant, moins dangereux que ses prédécesseurs selon les premières études.

Les mesures de restrictions sont-elles dépassées face au variant Omicron du Covid-19 ? Plus de 75% des Français bénéficient d'un schéma vaccinal complet , le port du masque est étendu aux plus jeunes , et à l'extérieur dans certaines villes , et pourtant les chiffres de contaminations battent des records chaque jour en France. Ce lundi, 400.000 cas auraient été finalement détectés dans l'Hexagone. Dans Europe Soir vendredi, l'épidémiologiste Yves Buisson, pro-vaccin, et l'essayiste et économiste non-vacciné Philippe Herlin ont débattu sur la nécessité ou non de laisser circuler ce variant, vraisemblablement beaucoup moins dangereux que ses prédécesseurs.

"Il n'a jamais été question que le vaccin empêche la transmission"

Sur les vaccins, "il n'a jamais été question de l'efficacité sur la contamination, sur la transmission. Ce vaccin sert à protéger contre la maladie, pas contre la transmission", a d'abord rappelé Yves Buisson au micro d'Europe 1. "Ensuite, on s'est aperçu que ces vaccins protégeaient contre la transmission, mais pas à 100%", a-t-il poursuivi, soulignant que les injections sont efficaces contre les formes graves. Cependant, les différents variants ont changé la donne. "Des variantes échappent de plus en plus à la protection conférée par la vaccination. On a l'exemple du variant Omicron qui se transmet assez bien chez les personnes vaccinées, moins toutefois qu'il ne le fait chez les personnes non-vaccinées", a expliqué l'épidémiologiste.

Si la totalité de la population était vaccinée, Yves Buisson a assuré que le virus se serait transmis beaucoup moins facilement. Un argument qu'a réfuté Philippe Herlin, s'appuyant sur les exemples d'Israël et Gibraltar. "Le vaccin protège des cas graves, mais il y a quand même une explosion du nombre de contaminations", a-t-il noté, ajoutant "qu'avec Omicron, on a un virus dont on sait qu'il n'est pas dangereux. Cela veut dire qu'on a affaire avec un virus quasiment inactivé, c'est-à-dire un vaccin traditionnel. Il faudrait mieux, à la limite, favoriser la circulation d'Omicron".

La contamination avec Omicron, un vaccin naturel ?

L'économiste a également émis l'hypothèse de "dire aux gens d'enlever le masque dans le métro, dans le train. Le gouvernement dirait (aux Français) 'Contaminez-vous en masse avec Omicron, vous serez tous vaccinés', il n'y aurait plus besoin de faire une vaccination ARNm à la population", dans une quête d'immunité collective. Ce à quoi le microbiologiste Yves Buisson a répondu que "ce n'est pas réaliste". "La stratégie qui consiste à laisser filer le virus, on l'a vu en Grande-Bretagne, en Suède, on a vu les dégâts que cela a donné", a assuré l'épidémiologiste.

Toutefois, Yves Buisson a affirmé que pour une population entièrement vaccinée, la contamination importante ne se traduit pas en nombre d'entrées à l'hôpital. "Là, effectivement, on peut laisser venir le variant Omicron, on peut retirer nos masques, ressortir en boîtes, etc", a-t-il ajouté, en précisant qu'il y avait tout de même des premiers cas "très graves" d'Omicron recensés, "nécessitant une hospitalisation, voire une entrée en réanimation". Si Philippe Herlin s'est appuyé sur l'exemple de l'Afrique du Sud, où la vague décroit, Yves Buisson a indiqué que la population sud-africaine avait obtenu une immunité collective post-infection.