Coronavirus : pour Macron, "nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire"

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Emmanuel Macron a donné une interview à la presse régionale, publiée jeudi soir.
Emmanuel Macron a donné une interview à la presse régionale, publiée jeudi soir. © AFP
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Emmanuel Macron a mis en garde jeudi dans une interview à la presse régionale, assurant que la France n'est "pas sortie de la crise sanitaire". Selon le dernier bilan des autorités, le coronavirus a fait 29.875 morts au total en France, mais le reflux épidémique se poursuit.
L'ESSENTIEL

Alors que le reflux épidémique se poursuit dans le pays, Emmanuel Macron a alerté contre tout relâchement. "Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire, mais de sa phase la plus aigüe", a affirmé le président de la République dans une interview à la presse quotidienne régionale, publiée jeudi soir. Pendant ce temps, la baisse des réanimations se confirme, avec un bilan qui approche désormais les 29.875 morts. En parallèle, le ministre de la Santé Olivier Veran a proposé jeudi 500 millions d'euros supplémentaires pour les salaires des soignants, alors que la grogne monte à l'hôpital.

Le coronavirus continue cependant de s’accélérer sur la planète, avec plus de 516.000 décès au total. 

Les informations à retenir : 

  • "Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire", a affirmé Emmanuel Macron dans une interview à la presse régionale 
  • Le Parlement a approuvé la sortie de l'état d'urgence sanitaire 
  • Le coronavirus a fait 29.875 morts en France, la baisse des réanimations se poursuit 
  • Olivier Véran propose 400 millions d'euros en plus pour les salaires des soignants
  • Le bilan est de 516.000 décès dans le monde

Emmanuel Macron prévient : "Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire"

Emmanuel Macron a mis en garde contre tout excès d'optimisme dans une interview accordée à la presse quotidienne régionale, publiée jeudi soir. "Nous ne sommes pas sortis de la crise sanitaire, mais de sa phase la plus aigüe. Nous entrons désormais dans une phase de surveillance et de grande vigilance", a affirmé le président de la République. "Dans certains territoires comme Mayotte ou la Guyane, le virus circule encore activement. Nous devons donc rester mobilisés et solidaires avec nos territoires ultramarins", a prévenu le chef de l'État, qui n'exclut pas un reconfinement. "Il ne faut rien exclure". 

29.875 morts en France, le reflux épidémique se poursuit

La France compte 29.875 morts liés au coronavirus, selon le dernier bilan publié jeudi par les autorités. 14 personnes sont décédées à l'hôpital en 24 heures. Le reflux épidémique se confirme cependant, avec une nouvelle baisse des réanimations. 573 patients sont encore dans les services des réanimations mais le solde reste négatif avec 9 cas graves en moins. 8.148 personnes sont actuellement hospitalisées pour une infection au coronavirus. La circulation du coronavirus reste toutefois "préoccupante" en Guyane.

Véran propose 400 millions d'euros en plus pour les soignants, report de la clôture du "Ségur de la santé"

Le ministre de la Santé Olivier Véran a proposé jeudi une enveloppe supplémentaire de 500 millions d'euros pour le personnel hospitalier, portant à sept milliards la somme prévue pour les hausses de rémunérations. Lors d'une première réunion organisée avec les syndicats de la fonction publique hospitalière, qui s'est achevée dans la nuit de mercredi à jeudi, une rallonge budgétaire de 400 millions d'euros avait été proposée pour les salaires des personnels non médicaux et paramédicaux. L'enveloppe globale de sept milliards d'euros désormais sur la table du "Ségur de la santé" reste cependant "insuffisante" aux yeux des syndicats. Ils disent vouloir "continuer le rapport de force jusqu'à l'obtention d''évolutions substantielles'".

Conséquence : la réunion de clôture du "Ségur de la santé", initialement prévue vendredi, a été reportée. Sa date n'est pas encore connue à ce stade. Le "Ségur de la Santé", une vaste concertation sur l'avenir du système de santé, lancé le 25 mai par Edouard Philippe, devait initialement aboutir vendredi avec une réunion du "Comité Ségur national", avant des annonces du chef de l'Etat promises avant la mi-juillet. Mais la réunion de vendredi, ainsi qu'une ultime séance de négociations sur les rémunérations dans la fonction publique hospitalière prévue jeudi après-midi, ont été toutes deux "annulées". 

Le Parlement approuve la sortie de l'état d'urgence sanitaire

Le Parlement a adopté définitivement jeudi soir, par un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi organisant la sortie de l'état d'urgence sanitaire le 11 juillet, avec de possibles restrictions jusqu'à l'automne. Le texte, critiqué par les oppositions comme un prolongement en "trompe l’œil" du régime d'exception, a été adopté par 50 voix contre 12 et une abstention, avec l'appui des élus LREM, MoDem et Agir, mais sans les voix des autres groupes de droite comme de gauche.

Le passage de Didier Raoult devant les députés de plus en plus critiqué 

Certains propos tenus par Didier Raoult devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale sur le Covid-19 sont "infamants" et relèvent de la "calomnie", ont accusé le Conseil scientifique et la Haute autorité de santé (HAS), dans des courriers obtenus jeudi par l'AFP. Cette lettre, à laquelle sont associés 12 des 13 membres du Conseil scientifique, pointe particulièrement les accusations de conflits d'intérêts portées par Didier Raoult lors de son audition. Selon le Pr Delfraissy, le Pr Raoult a fait preuve d'une "certaine forme 'd'intention de tromper'" les députés de la Commission en "entreten(ant) de manière répétée une confusion entre les notions pourtant bien distinctes de liens et de conflits d'intérêts".

"Les membres du Conseil scientifique souhaitent vous faire part de leur vive réprobation à l'endroit d'allégations sans fondement tenues par le Pr Raoult pourtant sous serment, ainsi que de propos manifestement outranciers dont les intentions et les prétentions ne lui semblent plus guère relever du registre de la science", conclut la lettre. Plus de détails par ici.

3.500 emplois sauvés chez Airbus si la France et l'Allemagne apportent une aide

Toulouse va payer un lourd tribut à la crise du secteur aérien post-Covid, avec plus de 3.500 postes menacés. D'après le décompte communiqué jeudi aux syndicats en comité de groupe, outre les 3.500 postes à Toulouse, le plan social chez Airbus et sa filiale Stelia Aerospace touche aussi durement Saint-Nazaire (près de 600 emplois supprimés) et Nantes (près de 500).

Mais la facture pourrait toutefois baisser si les Etats européens y mettent du leur, assure l'avionneur. Quelque 3.500 emplois pourraient être sauvés chez Airbus si l'Allemagne et la France apportent leur aide, a affirmé jeudi le président exécutif du groupe européen Guillaume Faury.

Roland-Garros : jusqu'à 20.000 spectateurs par jour sur l'ensemble des courts

Roland-Garros se jouera finalement avec des spectateurs ! Le tournoi du Grand Chelem, reporté au 21 septembre à cause du coronavirus, pourra accueillir jusqu'à 20.000 personnes par jour sur l'ensemble des courts, soit 50 à 60% des capacités habituelles du tournoi, a indiqué jeudi le président de la Fédération française de tennis. Le nombre de spectateurs sera limité à 10.000 pour les finales. La billetterie ouvrira le 9 juillet pour les licenciés, et le 16 juillet pour le grand public. 

En ce qui concerne les spectateurs, les courts principaux (Philippe-Chatrier, Suzanne-Lenglen et Simonne-Mathieu) pourront accueillir des groupes jusqu'à quatre personnes côte à côte. Chaque groupe sera séparé par un siège vide. Sur les courts annexes ou le placement est libre, "un siège sur deux sera physiquement condamné" pour éviter tout regroupement.

Voyages annulés : l'UE monte au front pour le remboursement des voyages

Bruxelles a lancé jeudi une procédure d'infraction à l'encontre de dix pays de l'UE, dont la France, pour défendre le droit des voyageurs à se faire rembourser en cas d'annulation de leurs voyages en raison du coronavirus. Outre la France, la Commission européenne a envoyé une lettre de mise en demeure à la Tchéquie, à Chypre, à la Grèce, l'Italie, la Croatie, la Lituanie, la Pologne, le Portugal et la Slovaquie. De nombreuses prestations de voyages ont dû être annulées en raison du confinement. Or, la législation européenne prévoit qu'en cas d'annulation, le voyageur a le droit de choisir entre un remboursement ou un bon à valoir.

Niveaux records dans le monde, le continent américain en alerte 

La pandémie a fait au moins 516.370 morts dans le monde. Les Etats-Unis en totalisent 128.062. Suivent le Brésil (60.632 morts), le Royaume-Uni (43.906), l'Italie (34.788) et la France (29.875). 

Les sept jours écoulés ont été la pire semaine en terme d'infections depuis que la pandémie de Covid-19 est partie de Chine fin 2019, selon le bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Depuis une semaine, le nombre de nouveaux cas dépasse les 160.000 par jour", a déclaré mercredi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Les sept jours précédents, plus de 150.000 contaminations quotidiennes avaient été dénombrées, selon un bilan établi par l'AFP.  Au total, 10,7 millions dans le monde ont été contaminées.

Épicentre actuel de l'épidémie, le continent américain qui recense environ 2,7 millions de personnes infectées. Les Etats-Unis ont atteint mercredi un niveau record avec plus de 50.000 nouvelles contaminations en 24 heures. En Amérique latine et aux Caraïbes, la situation reste également inquiétante, notamment au Brésil, où plus de 1.000 morts ont à nouveau été enregistrés en 24 heures, faisant passer le bilan au-dessus des 60.000 décès, selon le ministère de la Santé.