Déremboursement de l'homéopathie : la directrice générale de Boiron espère qu'Emmanuel Macron va "revenir sur sa décision"

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Invitée mardi d'Europe 1, Valérie Lorentz-Poinsot déplore l'impact de la décision du gouvernement de dérembourser l’homéopathie sur les chiffres de son entreprise. 
INTERVIEW

Malgré la décision du gouvernement, Boiron n'a pas renoncé à livrer bataille. Alors que l'exécutif a annoncé début juillet que l'homéopathie ne serait plus remboursée qu'à 15% au 1er janvier 2020, contre 30% actuellement, puis que ce taux tomberait à zéro au 1er janvier 2021, le laboratoire pharmaceutique a saisi le Conseil d'État pour tenter de faire annuler les décrets du gouvernement. Invitée mardi d'Europe 1, sa directrice générale Valérie Lorentz-Poinsot, dit espérer qu'Emmanuel Macron "puisse revenir sur sa décision". 

"Depuis le début de cette campagne de dénigrement contre l'homéopathie, nous avons senti un impact sur notre chiffre d'affaires", explique la dirigeante de Boiron, qui précise que les ventes du groupe sont en recul "de près de 15% sur le troisième trimestre". "Ce sont des résultats très contrastés car par ailleurs, nous progressons en Amérique du Nord et dans d'autres pays", indique-t-elle encore. 

"Ce qu'on a vécu a vraiment ébranlé notre développement à l'international"

Publiant un livre intitulé Homéopathie, liberté, égalité, santé !, Valérie Lorentz-Poinsot voit dans cet ouvrage "un journal de bord qui permet de raconter cette mobilisation sans précédent pour l’homéopathie". Et de rappeler qu'en quatre mois, 1.300.000 Français ont signé la pétition "Mon homéopathie, mon choix". 

Présente au sein de la délégation officielle accompagnant Emmanuel Macron en Chine début novembre, Valérie Lorentz-Poinsot se félicite d'un "signe fort du soutien de notre gouvernement pour aider l'entreprise à continuer à se développer". Car, déplore-t-elle, "pour réussir à l'export à l'international, il faut être fort sur son marché domestique". Or, dit-elle enfin, "ce qu'on a vécu depuis 18 mois a vraiment ébranlé notre développement à l'international". C'est pourquoi la dirigeante de Boiron espère qu'Emmanuel Macron pourra "revenir sur sa décision". 

Un revirement d'autant plus nécessaire, selon Valérie Lorentz-Poinsot, que l'entreprise aux 34 sites en France craint pour ses emplois. "On doit réfléchir à l'organisation", concède la directrice générale de Boiron. 

Europe 1
Par Antoine Terrel