Coronavirus : un "traitement de la dernière chance" pour les malades les plus graves

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L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, accueille plusieurs patients gravement atteints du coronavirus (photo d'illustration) 1:35
L'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, accueille plusieurs patients gravement atteints du coronavirus (photo d'illustration) © Jonathan NACKSTRAND / AFP
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À Paris, le service de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dispose d'un système de circulation extracorporelle afin d'oxygéner le sang, ce que ne peuvent plus faire les poumons des malades ayant développé les formes les plus graves du coronavirus. Un "traitement de la dernière chance" qui peut changer la donne. 
REPORTAGE

En Île-de-France, les hôpitaux se préparent activement à une potentielle seconde vague de l'épidémie de coronavirus. Le directeur de l'ARS a annoncé sur Twitter que le "plan blanc" allait être réactivé dans la région ce jeudi. À Paris, le service de réanimation de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière avait été très mobilisé lors de la première vague. Et pour cause : il est spécialisé dans un système de circulation extracorporelle pour oxygéner le sang. Destiné à des patients en état critique, ce traitement de la "dernière chance" permet de faire ce que l'organisme des malades n'est plus capable de faire et peut changer la donne. Europe 1 a pu se rendre dans ce service de réanimation de pointe.

"Cette machine permet de maintenir un malade en vie pendant plusieurs semaines"

Le dispositif est impressionnant. Un gros tuyau rouge foncé entre dans la veine fémorale du patient et un autre, d’un rouge plus clair, ressort de sa jugulaire. Entre-temps, le sang a été oxygéné et le CO2 éliminé dans cette machine que les médecins appellent l’ECMO, acronyme de "extracorporeal membrane oxygenation". Grâce à ce système, développé depuis près de vingt ans à la Pitié-Salpétrière, "on est capable d'assurer 100% de la fonction pulmonaire en extra-corporelle", explique sur Europe 1 Alain Combes, chef du service de réanimation médicale de l'hôpital.

ECMO

© Victor Dhollande / Europe 1

"Si le malade n'a plus du tout de poumons fonctionnels, cette machine-là permet de le maintenir en vie pendant plusieurs semaines", continue le médecin. Ainsi, les poumons vont pouvoir cicatriser des liaisons causées par le coronavirus. Mais cette technique n'est pas sans risque : il faut surveiller en permanence la machine. "S'il y a un coude au niveau d'un des tuyaux, le débit de la machine va baisser et si le début chute, l'oxygénation du sang chute beaucoup, ce qui peut être très dangereux pour le patient", explique Guillaume Hékimian, médecin réanimateur.

Deux patients sur trois sauvés

Certains patients reçoivent l'aide de ces machines depuis trois semaines, et leur état s'améliore de jour en jour. Actuellement, onze des douze lits de ce service spécial sont occupés. Selon les données du registre mondial portant sur plus de 1.000 personnes publiées fin septembre dans The Lancet, l'ECMO sauve 70% des malades.