Coronavirus : quel "coût" pour chaque vie sauvée pendant le premier confinement ?

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Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un nouveau confinement.
Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un nouveau confinement. © AFP
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Selon l'économiste Patrick Artus, un mois de confinement correspondrait à 20.000 vies sauvées, mais aussi à cinq points de PIB en moins, soit 120 milliards d'euros. Chaque vie sauvée par le premier confinement aurait donc coûté six millions d'euros.

Mesure extrême pour tenter de freiner l'épidémie de coronavirus, le confinement est-il la mesure adéquate, au regard de son coût économique par rapport à son efficacité sanitaire ? C'est la question que posent plusieurs observateurs. Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir un reconfinement pour au moins un mois, l'économiste Patrick Artus tente de répondre à la question de la "rentabilité" de ce dispositif dans les colonnes du Monde

Chaque vie sauvée par le premier confinement a coûté six millions d'euros,  qu'affirme Patrick Artus, qui s'appuie sur un calcul simple : un mois de confinement correspondrait à 20.000 vies sauvées, mais c'est aussi cinq points de PIB en moins, ce qui représente 120 milliards d'euros. Chaque vie a donc bien coûté six millions d'euros à la France.

Un manque d'anticipation du gouvernement ?

Un calcul froid mais justifié, selon l'économiste, qui le compare à celui pratiqué dans les transports, quand on se demande s'il vaut mieux construire une autoroute ou une ligne de TGV, qui permet d'épargner des vies.

Conclusion de cette comparaison, selon lui : une vie coûte six fois plus cher pour le Covid que pour les autoroutes. Et il fustige l'absence d'anticipation du gouvernement, condamné selon lui à rectifier son budget à chaque étape de l'épidémie. Mais il reconnaît un mérite aux dépenses publiques concédées depuis le début de la crise, quelle que soit leur montant : elles permettront de limiter les coûts irréversibles, c'est-à-dire ceux liés aux faillites d'entreprise et aux pertes d'emploi.

Europe 1
Par Rémi Bostsarron, édité par Antoine Terrel