Coronavirus : pourquoi l'Est de la France est actuellement plus touché par l'épidémie

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Un dépistage massif dans le Grand Est. © AFP
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Une vingtaine de départements, dans l'Est de la France, pourraient être concernés par un couvre-feu avancé à 18 heures, en raison de taux d'incidence plus élevés que la moyenne nationale. Des contaminations au Covid-19 plus nombreuses qui s'expliquent par différents facteurs. 
DÉCRYPTAGE

Le gouvernement a tranché : pas de nouveau confinement national, ni local, mais un couvre-feu avancé à 18 heures dans certains territoires parmi les plus touchés par le Covid-19. Une vingtaine de départements, tels que les Ardennes, les Vosges, la Marne, le Jura les Alpes-Maritimes, ou encore le territoire de Belfort, pourraient être concernés par cette nouvelle mesure de restriction. La France est presque coupée en deux et plusieurs facteurs expliquent les taux d'incidence actuellement plus élevés dans l'Est de la France. 

Densité de population et climat

D'abord, le Covid est une maladie des grandes villes. A l'Est du pays, il y a une plus forte densité de population. Autre explication, les zones les plus touchées sont des zones frontalières avec des pays plus durement frappés par l'épidémie. L'Allemagne, par exemple, proche du Grand Est ou encore l'Italie, qui partage sa frontière avec, entre autres, les Alpes-Maritimes. Il y a plus d'échanges avec ces régions et donc plus de contaminations.

Enfin, dernière explication, le climat. Il y a une forte corrélation du virus avec le froid et le taux d'humidité dans ces zones, même si la littérature scientifique manque encore de recul et de données pour le confirmer.

Un taux d'incidence élevé chez les personnes âgées

Dans ces régions les plus touchées, les déprogrammations d'opérations ont repris il y a déjà plusieurs jours. Environ 63% des lits de réanimation sont actuellement occupés dans le Grand Est et près de 90% en Bourgogne-Franche-Comté. Les autorités sont particulièrement inquiètes du taux d'incidence, le nombre de contaminations pour 100.000 habitants, chez les personnes âgées. Dans ces deux régions, ce taux est supérieur à 300 pour les plus de 80 ans.

La situation pourrait encore empirer dans les prochains jours. Dans un avis publié mardi soir, le Conseil scientifique affirme que "le risque de reprise incontrôlée de l'épidémie est non nul", tout en précisant qu'il faut attendre quelques jours pour avoir une vision réelle des contaminations et de la circulation du virus après cette période de fêtes.