Coronavirus : "La maladie est là, elle tue encore", prévient l'ARS Île-de-France

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L'Île-de-France fait face à un sursaut du coronavirus depuis plusieurs semaines. Selon Aurélien Rousseau, directeur de l'Agence régionale de santé, interrogé lundi sur Europe 1, "les chiffres remontent" depuis la fin du mois de juillet. Et même si c'est une remontée lente et progressive, il faut faire très attention.
INTERVIEW

L'Île-de-France voit rouge sur le front du coronavirus. Avec une positivité des tests de 6% au niveau régional, contre 4% au niveau national, et plus de 2.000 nouveaux cas détectés vendredi, la région fait face à une situation préoccupante qui mobilise l'Agence régionale de santé "7 jours sur 7", selon Aurélien Rousseau, son directeur. Celui-ci, invité d'Europe 1 lundi matin, a prévenu : "La maladie est là, elle tue encore." Et si certains facteurs sont encourageants, il appelle les Franciliens à faire attention et à respecter les mesures mises en place pour éviter une seconde vague. 

"L'impact sur le système hospitalier est faible mais il existe"

"Aujourd'hui, la situation nous préoccupe", admet Aurélien Rousseau. "Les chiffres remontent, [même s'ils] remontent lentement. L'impact sur le système hospitalier est faible mais il existe. On avait vendredi 2.400 personnes hospitalisées avec le Covid, dont 174 en réanimation. Quatre sont décédées vendredi, neuf la veille, dix l'avant-veille." Et inutile de penser que le Covid-19 est moins dangereux. "Tout ce qu'on entend sur le fait que le virus serait plus aimable, plus paisible... scientifiquement, il n'y a aucune donnée sur ça", tranche le directeur de l'ARS. "On n'a aucun élément."

En revanche, il n'est pas encore temps de parler de "deuxième vague". Certes, les indicateurs se dégradent, mais "on a une vision beaucoup plus fine et des outils qu'on n'avait pas il y a six mois", rappelle Aurélien Rousseau. "Fin juin, on faisait 45.000 tests par jour, on en a fait près de 200.000 quotidiens la semaine dernière. On sait débusquer ce virus." Preuve en est : sur les quelque 200 clusters franciliens qui ont été déclarés depuis le déconfinement, dont soixante sont encore actifs, "aucun n'est devenu un 'cluster critique', c'est-à-dire un cluster qui n'aurait pas été maîtrisé".

"On sait mieux prendre en charge les malades"

Par ailleurs, "on sait mieux prendre en charge les personnes" malades, souligne Aurélien Rousseau. "On a plus de recul, moins de gens vont directement en réanimation. Tous les jours, on vérifie la préparation des hôpitaux sur les médicaments, les respirateurs, les ressources humaines." Du côté des tests, le directeur de l'ARS explique qu'il est désormais possible, lorsqu'on présente des symptômes, d'obtenir un rendez-vous en laboratoire en 3h30 en moyenne. Par ailleurs, des recrutements ont été lancés pour avoir plus de personnes habilitées à faire les prélèvements naso-pharyngés.

Mais il ne faut pas relâcher les efforts. "Nos concitoyens hésitent à donner leurs cas contact. On a du mal à convaincre les gens de respecter l'isolement", regrette le directeur de l'ARS. "Il faut utiliser les outils qu'on a", comme les masques et les tests. "Le cœur du réacteur, c'est qu'on arrive à remonter les chaînes de transmission. Pour ça, cela ne s'invente pas. Ce ne sont pas uniquement les autorités qui ont les réponses entre les mains. Ce sont les Français qui vont faire attention dans leur vie quotidienne avec des mesures extrêmement simples mais contraignantes."

Europe 1
Par Margaux Baralon