Coronavirus : faut-il revoir à la hausse le bilan de l'épidémie ?

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Le bilan de mortalité du coronavirus pourrai être sous-évaluée. 1:31
Le bilan de mortalité du coronavirus pourrai être sous-évaluée. © AFP
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Selon une étude publiée par des chercheurs de l'Université de Lille, les chiffres de mortalité du coronavirus seraient sous-évalués dans une proportion qui serait de 12,4%. En effet, ces chiffres ne prennent pas en compte les décès à domicile de patients victimes d'arrêt cardiaque consécutif au Covid-19. 
REPORTAGE

Et si les statistiques de mortalité du coronavirus devaient être réévaluées ? Les chiffres actuels, qui recensent 59.619 morts depuis le début de l'épidémie, ne prennent en effet en compte que les décès dans les hôpitaux et les EHPAD, et non les les décès à domicile de patients victimes d'arrêt cardiaque consécutif au Covid. Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Lille, il faudrait donc y ajouter entre entre 6 et 7.000 morts. 

Président du Registre national des arrêts cardiaque (RéAC), le Pr Hervé Hubert et son équipe ont d'abord été alertés lors de la première vague par des équipes du SAMU. "On a eu une remontée de terrain très forte des urgentistes qui nous disaient : 'Tous les jours, on récupère des patients en arrêt cardiaque consécutif au Covid-19'", raconte Hervé Hubert au micro d'Europe 1. Et l'étude épidémiologique et statistique qu'ils ont lancée a permis de montrer qu'un certain nombre de morts à domicile par arrêt cardiaque avaient en fait été provoquées par le coronavirus. "Ces patients qui ont fait un arrêt cardiaque, globalement, c'est un arrêt cardiaque consécutif au Covid-19. D'ailleurs, très clairement, ces patients avaient comme caractéristique des causes respiratoires qui ont entraîné l'arrêt cardiaque", détaille encore Hervé Hubert. 

"Il faudrait réfléchir à une actualisation des données"

Problème : ces décès n'ont pas été inclus dans les statistiques de mortalité du coronavirus, alors qu'ils représentent plus de 12% du bilan des décès officiellement recensés dans les hôpitaux et les EHPAD. "Ce chiffre, globalement, est une constante", explique Hervé Hubert. "Il faudrait réfléchir à une actualisation des données nationales en ajoutant entre 6 et 7.000 morts, puisque ce sont les résultats qu'on obtient par le biais de notre étude."

Une mortalité qui, selon le chercheur, serait tout aussi sous-évaluée dans les autres pays européens. 

Europe 1
Par Lionel Gougelot, édité par Antoine Terrel