Angoisse, déprime : cinq conseils pour mieux vivre le confinement

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Des millions de Français sont confinés depuis près de trois semaines. 4:31
Des millions de Français sont confinés depuis près de trois semaines. © AFP
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Alors que des millions de Français sont contraints de rester chez eux depuis trois semaines, beaucoup s'interrogent sur les conséquences de l'enfermement sur leur moral. Invité lundi de "Sans rendez-vous", sur Europe 1, le psychiatre Michel Lejoyeux a livré quelques conseils pour supporter le mieux possible cette situation inédite, et ne pas sombrer dans la déprime. 

Alors que le confinement dure depuis près de trois semaines, et que le gouvernement a d'ores et déjà prévenu qu'il pourrait être prolongé, beaucoup s'inquiètent de l'impact de l'enfermement sur leur moral, voire même sur leur santé mentale. Pourtant, au micro d'Europe 1, le Pr Michel Lejoyeux, chef du service de psychiatrie à l'hôpital Bichat, l'assure : "Le confinement ne va pas créer des épidémies de dépression et d'anxiété." Et lundi, dans Sans rendez-vous, le spécialiste a livré quelques conseils pour supporter le mieux possible cette période inédite. 

Se distraire

Le fait de rester à domicile pendant une longue durée peut être "angoissant", reconnaît Michel Lejoyeux, qui précise que "la durée du confinement augmente le poids psychologique". Aussi, indique-t-il, il est important de se distraire. "Tout ce qui diminue l'ennui et augmente l'attention, le fait de créer des rendez-vous, va diminuer le poids psychique du confinement", assure le psychiatre, qui appelle également à ne pas trop se mettre la pression concernant ces distractions. "Dans ces moments compliqués, on ne va pas être trop ambitieux sur le plan des lectures les plus compliquées." Et de conclure : "Rappelons-nous que tout ce qui nous désennuie et nous donne des rendez-vous nous fait du bien." 

Comprendre le sens de ce confinement 

Au micro de Mélanie Gomez, Michel Lejoyeux estime qu'il peut être plus facile de supporter le confinement en se rappelant que ce dernier est motivé par une crise d'une ampleur inédite. "Si vous vous retrouvez confinés dans votre lit parce que vous avez glissé sur votre savonnette en sortant de la salle de bain, vous avez un sentiment d'absurdité", dit-il. Or, "quand on a l'impression de participer à une guerre, tout cela donne un sens". 

"Plus c'est collectif, plus cela a du sens, mieux on va y résister", insiste-t-il. Dans le cas du confinement actuel, "on n'a pas la culpabilité et le sentiment d'une absurdité individuelle, alors qu'on l'a souvent dans nos traumatismes. C'est précieux sur le plan psychologique", dit-il encore. "Le sens qu'on donne aux événements change la manière dont on les perçoit", conclut-il. 

Continuer à communiquer et être altruiste 

Le Pr Michel Lejoyeux rappelle aussi l'importance de conserver un lien avec l'extérieur, en communiquant avec ses proches. "Tous les logiciels qui nous permettent d'entrer en contact ont un vrai effet", confirme-t-il. 

Par ailleurs, des chercheurs du King's College de Londres ont aussi insisté sur les bienfaits de l'altruisme, indique l'invité d'Europe 1. "Quand on s'intéresse aux autres, quand on fait un geste, qu'on applaudit les soignants à nos fenêtres, qu'on se demande si un voisin à besoin de nous, on développe cet altruisme et tout ce qui est tourné vers l'autre est thérapeutique." 

Tolérer de ne pas être parfait 

Rappelant l'importance, en psychologie, des notions d'"anti-perfectionnisme" et de "tolérance à l'imprévu", Michel Lejoyeux conseille de "passer de la notion d'objectif à celle de valeur". "En ce moment, il est difficile d'avoir des projets professionnels, financiers, etc. Mais c'est le bon moment pour retrouver les valeurs de sa vie et de savoir ce qui compte vraiment pour nous."

Se créer des images de nos projets futurs

Enfin, cette période de confinement ne peut-elle pas être l'occasion de bien s'organiser et de faire une liste de ce qu'on va faire une fois ce confinement levé ? "Je n'aime pas beaucoup les listes", réagit Michel Lejoyeux, "j'ai peur qu'elles deviennent accablantes". Plutôt qu'une liste, conseille-t-il, "on peut se faire une image de notre futur dans notre tête, comme en se représentant nos prochaines vacances". Et de conclure : "Notre capacité à visualiser nous aide à nous évader."

Europe 1
Par Antoine Terrel