Complémentaires santé : l'UFC-Que Choisir dénonce "l'envolée" des tarifs en 2019

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"Dans la moitié des cas, les assurés se sont vus notifier une augmentation de prime supérieure à 4%", rapporte l'association.
"Dans la moitié des cas, les assurés se sont vus notifier une augmentation de prime supérieure à 4%", rapporte l'association. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Selon l'UFC-Que Choisir, les tarifs de plusieurs complémentaires santé vont augmenter de nouveau en 2019, de l'ordre de 4% environ. 

En pleine polémique sur les tarifs des complémentaires santé, l'association de consommateurs UFC-Que Choisir a dénoncé jeudi "des hausses parfois spectaculaires" prévues l'an prochain et demandé au gouvernement "d'agir par la loi" pour inverser la tendance. Sur la base d'un appel à témoignages lancé fin novembre, l'UFC-Que Choisir fait état dans un communiqué de "premières tendances alarmantes de l'envolée des cotisations pour 2019".

15 organismes passés au crible. Les informations recueillies, portant sur "quinze des principaux organismes complémentaires", montrent que "dans la moitié des cas, les assurés se sont vus notifier une augmentation de prime supérieure à 4%", certains subissant même "une inflation qui dépasse les 20%". Ces hausses, qui perpétuent la flambée de 47% enregistrée "sur la dernière décennie", sont aussi dans le collimateur de l'exécutif. La semaine dernière, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait accusé certaines complémentaires santé de "sabotage politique", pour avoir justifié leurs augmentation par la réforme du "reste à charge zéro" censée entrer en vigueur par étapes entre 2019 et 2021.

Étendre la résiliation à tout moment et sans frais. Mardi, Emmanuel Macron a reçu les grands patrons et les fédérations des assureurs, mutuelles et institutions de prévoyance. Le chef de l'Etat leur a réclamé un gel tarifaire l'an prochain, à l'instar des banques, pour apaiser la fronde des "gilets jaunes". Mais les intéressés, qui ont jusqu'à jeudi soir pour formuler des propositions, ont seulement parlé de modérer leurs hausses de prix. "Des premiers engagements dérisoires", s'offusque l'UFC-Que Choisir, qui presse le gouvernement de "prendre des mesures fortes pour préserver le pouvoir d'achat des assurés". L'association veut étendre "dès le premier semestre 2019 la résiliation à tout moment et sans frais des contrats après la première année", qui existe déjà pour les assurances automobile et habitation. Elle souhaite aussi "encadrer par la réglementation la lisibilité" des offres "pour qu'il soit enfin possible de comparer effectivement" les complémentaires santé.

La Mutualité française promet un geste pour les plus modestes. La Fédération nationale de la Mutualité française s'est engagée jeudi à faire un "effort de solidarité exceptionnel" en neutralisant la hausse des tarifs pour les assurés les plus modestes en 2019. "En 2019, afin de faciliter l'accès aux soins de tous, les mutuelles s'engagent à un effort de solidarité exceptionnel pour neutraliser la hausse des tarifs des contrats souscrits le plus souvent par les plus modestes (dits 'contrats au ticket modérateur'), via un mécanisme de compensation", a indiqué la Mutualité française. Elle précise que "4,3 millions de personnes protégées par une mutuelle pourront ainsi en bénéficier" et suggère que cet effort puisse "être amplifié par une baisse des taxes qui pèsent trop lourdement sur les contrats santé des Français (14,07 %)".

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