Reste à charge zéro : vers une augmentation des tarifs des complémentaires pour les retraités

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Malgré la promesse du gouvernement d'atteindre un reste à charge zéro pour les frais dentaires, optiques et pour les soins auditifs, les complémentaires santé pourraient augmenter leurs tarifs notamment pour les retraités, selon une étude publiée mardi.

Alors que le remboursement à 100% des lunettes, prothèses auditives et autres frais dentaires doit être adopté dans le projet de loi de financement de la Sécu examiné à partir de mardi, une étude montre que les assurés vont devoir payer plus cher leurs complémentaires santé pour compenser cette mesure, rapporte Le Parisien mardi. Cette hausse de tarifs devrait concerner en particulier les retraités.

Une augmentation moyenne de 6,8% sur trois ans. Pour compenser cette hausse des remboursements, le cabinet de conseil en assurance santé Santiane.fr prédit dans une étude publiée mardi que les complémentaires santé vont augmenter leurs tarifs de 6,8% en moyenne d'ici à la fin des trois années que va durer le déploiement de cette mesure. Quant aux retraités, ils seraient contraints de payer en moyenne 9,3% de plus, car ils ont plus souvent recours aux soins concernés.

Une hausse des recours des assurés à ces dispositifs. L'étude se base sur la consommation de soin de 100.000 clients bénéficiant d'un contrait individuel - celui des retraités notamment - sur deux ans. Le cabinet de conseil a tablé sur une hausse du nombre de patients accédant aux prothèses auditives (passant de 30 à 50%) mais aussi sur une augmentation du recours aux soins dentaires. Quant aux lunettes, Santiane.fr estime que bien que les opticiens soient contraints de réduire leurs marges, les assurés préféreront des lunettes de qualité supérieure.

Cette vision pessimiste pour l'avenir financier des retraités est partagée par le cabinet Mercer qui évoque une "hausse mécanique de 4,6% sur les contrats entrée de gamme" dans son étude sur les contrats collectifs, destinés aux salariés, rapporte encore Le Parisien

Un effort budgétaire de la Sécu. Cette réforme devrait nécessiter un effort budgétaire de 750 millions d'euros de la part de l'Assurance maladie pour financer le coût de cette mesure, évalué à un milliard d'euros par an d'ici à 2021.