Remaniement : le remplacement de Gérard Collomb est loin d'être une "péripétie" pour l'exécutif

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Après le départ du numéro deux du gouvernement, Emmanuel Macron et Édouard Philippe cherchent à "marquer les esprits" avec un remaniement visible, comme l'affirme l'éditorialiste d'Europe 1 Jean-Michel Aphatie. 
EDITO

Ce n'est plus qu'une question d'heures, de quelques jours tout au plus : le gouvernement va être largement remanié en début de semaine après la démission de Gérard Collomb. Un départ révélateur des faiblesses de l'exécutif, comme l'incapacité à s'appuyer sur un large vivier de politiques ou un penchant trop à droite pour la jambe gauche de la Macronie, selon l'éditorialiste d'Europe 1 Jean-Michel Aphatie.

"Pendant quelques minutes, la France n'aura pas de Premier ministre. Lundi, Édouard Philippe va présenter sa démission à Emmanuel Macron qui, aussitôt, va lui dire : 'Mais Édouard, continue, j'ai besoin de toi !' et donc il va former son gouvernement. C'est un peu ridicule, il faut bien le dire.

Une mise en scène particulière. Que cherche à faire le pouvoir exécutif quand il fait ça ? Il cherche à marquer les esprits, c'est-à-dire que c'est une occasion pour Emmanuel Macron de renouveler la confiance à Édouard Philippe (qui en doutait ?) et puis, techniquement, ça ouvre la possibilité à Édouard Philippe, en fin de semaine si le remaniement se produit par exemple mercredi, d'aller devant les députés, de faire un discours de politique générale et d'obtenir un vote de confiance des députés, comme s'il en doutait lui aussi.

C'est une mise en scène un peu particulière. Contrairement à ce qu'a dit et répété le président de la République, à savoir que la démission de Gérard Collomb était une "péripétie", que ce n'est pas tellement une péripétie puisqu'on sort les grandes manœuvres qu'on ne comprend pas toujours très bien pour régler ce problème. Ensuite, il faut bien comprendre que l'impact auprès de l'opinion publique de cette démission-nomination est faible, puisque c'est le même Premier ministre qui va être reconduit pour faire la même politique. Tout ça, c'est un peu de la mousse à la surface.

Castex pressenti. Le fond du problème, c'est quand même de remplacer Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur et ça, visiblement, ça n'est pas facile pour le gouvernement. Ils ne savent pas trop qui nommer, ils n'ont pas beaucoup de ressources. Dimanche, le JDD a révélé que Jean Castex était pressenti pour ce poste. Personne ne le connaissait. Il a 53 ans, maire de Prades, dans les Pyrénées-Orientales, ancien haut fonctionnaire et secrétaire général de l'Élysée sous Nicolas Sarkozy.

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Une source potentielle de conflit. Chez les membres de la partie gauche de la Macronie (parce que ça existe), quand ils ont appris qu'un sarkozyste pouvait être ministre de l'Intérieur, ils ont fait une grosse crise de foie. Depuis dimanche, ils font le siège du président de la République pour lui dire de ne pas nommer un sarkozyste à l'Intérieur. On ne sait pas exactement quelle est la relation entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Mais il y a là, de nouveau, une source potentielle de conflit entre les deux hommes parce que Jean Castex est poussé par Édouard Philippe, homme de droite comme lui. Emmanuel Macron va-t-il céder à son Premier ministre ? Finalement, il va être beaucoup plus difficile que prévu de remplacer Gérard Collomb."

Europe 1
Par Jean-Michel Aphatie, édité par Thibaud Le Meneec