Élisabeth Borne a pris la parole sous les huées de l'Assemblée nationale ce jeudi. 2:38
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Romain Rouillard et Arthur de Laborde , modifié à
Après l'activation du 49.3 par l'exécutif pour faire adopter la réforme des retraites, la Première ministre Élisabeth Borne a pris la parole à l'Assemblée dans une ambiance hostile. Sous les huées d'une partie de la gauche, elle a engagé la responsabilité du gouvernement qui pourrait faire l'objet de plusieurs motions de censure.

Après l'annonce du recours au 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites, la Première ministre Élisabeth Borne s'est présentée devant les députés pour engager la responsabilité du gouvernement comme le veut l'usage. Sous une bronca venue d'une partie de la gauche qui a également entonné plusieurs Marseillaises consécutives tout en brandissant des pancartes "64 ans, c'est non !", Élisabeth Borne a d'abord échoué à prendre la parole en raison du brouhaha régnant. Yaël Braun-Pivet, la présidente de l'hémicycle a donc décidé de suspendre brièvement la séance avant de laisser le micro à la cheffe du gouvernement. 

"On ne peut pas prendre le risque de voir 175 heures de débat parlementaire s'effondrer"

Devant des élus toujours aussi dissipés, Élisabeth Borne a notamment fustigé l'attitude de certains députés tout au long de ces débats autour de la réforme des retraites. "Je n'ai pas envie de revenir sur le comportement de ceux qui ont tout fait pour bloquer le débat. [...] Les cris, au moment même où je m'exprime, n'en sont qu'une preuve supplémentaire", a-t-elle déclaré.

La cheffe du gouvernement s'est ensuite employée à justifier le recours à cet article controversé de la Constitution pour faire adopter cette réforme. "Aujourd'hui, sur le texte du Parlement, l'incertitude plane à quelques voix près. On ne peut pas prendre le risque de voir 175 heures de débat parlementaire s'effondrer. On ne peut pas prendre le risque de voir le compromis bâti par les deux Assemblées, écarté. On ne peut pas faire de pari sur l'avenir de nos retraites, et cette réforme est nécessaire", a-t-elle poursuivi.

Le RN va déposer une motion de censure

Et de défendre le bien-fondé du projet : "Ce sont des avancées pour celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt, pour revaloriser les pensions des femmes, ou encore pour augmenter les petites pensions". 

Insuffisant pour calmer la grogne de l'opposition. Dans la foulée, Marine Le Pen, la présidente du groupe RN à l'Assemblée a annoncé sa volonté de déposer une motion de censure contre le gouvernement tandis que le communiste Fabien Roussel a appelé à engager un référendum d'initiative partagée concernant ce projet de loi. Élisabeth Borne s'exprimera à nouveau ce jeudi soir sur le plateau du 20H de TF1.