L'homme qui a giflé Emmanuel Macron était-il d'extrême droite ?

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Le président de la République a été giflé, mardi, à Tain-l'Hermitage dans la Drôme. 1:10
Le président de la République a été giflé, mardi, à Tain-l'Hermitage dans la Drôme. © PHILIPPE DESMAZES / POOL / AFP
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Mardi, le président de la République était agressé lors d’un déplacement à Tain-l’Hermitage, dans la Drôme, par un homme criant "Monjoie – Saint Denis, à bas la macronie !", un slogan royaliste. Mercredi, l'enquête se poursuit et un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé chez le second suspect. Mais d'après son entourage, l'auteur des faits ne serait pas d'extrême droite. Europe 1 fait le point.

Une passion pour les arts martiaux anciens, un fort intérêt pour le Moyen-Âge et une curiosité pour l’extrême droite. Le profil de l’agresseur d’Emmanuel Macron se précise. Mardi, Damien T., 28 ans, a profité d’un déplacement du président de la République à Tain-l’Hermitage, dans la Drôme, pour le gifler. Mais qui est vraiment cet homme ?

Le suspect s’affiche en ligne en tenue médiévale. Il se présente comme un instructeur en "arts martiaux historiques", passionné des jeux de plateau à figurines.

L’un de ses amis, Loïc Dauriac, était venu voir le président de la République avec Damien T. Parti avant la gifle, il dit avoir été "énormément" étonné par le geste de Damien T.: "c'est pas quelqu'un de violent". Même son de cloche dans la bouche d’Arthur C. un habitant de Saint-Vallier qui le côtoie dans un conseil de quartier. "Franchement, je suis tombé du sixième étage, je ne comprends pas, ce garçon a dû se laisser entrainer", affirme-t-il.

Un exemplaire de Mein Kampf retrouvé au domicile du second suspect

Lors de son geste, Damien T. lance : "Montjoie, Saint Denis !". Un cri de guerre royaliste lié au milieu de l’extrême droite. Pour l’instant, il n’y a aucun élément qui prouve son affiliation à un quelconque parti ou association religieuse. Mais sur YouTube, Damien T. est abonné à plusieurs chaînes d'extrême droite, comme celle d'Henry de Lesquen, condamné en 2018 pour provocation à la haine et contestation de crime contre l'humanité ; ou royalistes comme celle du Cercle Richelieu. Sa page Facebook indique qu'il "aime" celle du groupe Action Française Lyon, parmi d'autres des mêmes mouvances.

Interrogé sur ces fréquentations en ligne, Loïc Dauriac répond qu'il n'est "pas surpris" car son ami "est de nature curieuse". Mais "il n'a pas ces idées-là". "Il est contre les royalistes. Pour lui, ils ont des idées à la con", assure-t-il. Cependant, Damien T. était tout de même accompagné par une autre personne qui l’a filmé. Et d’après les informations d’Europe 1, un exemplaire de Mein Kampf a été retrouvé chez ce deuxième suspect lors des perquisitions ainsi qu’une carabine détenue légalement, une épée et une dague médiévale.

Jusqu'à 3 ans de prison 

Alors cette agression était-elle préparée ou a-t-il agi sur le coup ? C’est ce que cherche à savoir les enquêteurs. "Ces gens-là, ça fait des années qu'ils n'ont pas voté", affirme Loïc Dauriac au sujet des mis en cause. Le geste s’explique plus, pour lui, par les difficultés "à joindre les deux bouts" et par le "gros ras-le-bol" face à un président "qui ne nous écoute pas". Damien T. avait notamment participé à quelques manifestations des gilets jaunes en 2018.

L’homme qui a giflé Emmanuel Macron risque jusqu’à 3 ans de prison. En 2017, Manuel Valls, alors député et candidat à la primaire de la gauche avait également reçu une claque par un régionaliste breton. Ce dernier avait été condamné à à 3 mois de prison avec sursis.

Europe 1
Par Justin Morin avec AFP