Plan banlieues : l'aile gauche d'En Marche! met l'exécutif sous pression

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Les ex-socialistes au sein de la majorité espèrent faire pencher le président à gauche sur la question des banlieues.
Les ex-socialistes au sein de la majorité espèrent faire pencher le président à gauche sur la question des banlieues. © GERARD JULIEN / AFP
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Les députés LREM issus des rangs socialistes craignent de voir une partie des mesures préconisées par Jean-Louis Borloo dan son plan pour les banlieues passer à la moulinette du ministère de l'Economie.

Emmanuel Macron est attendu au tournant par une partie de sa majorité. Le chef de l'Etat présente mardi, à l’Elysée, les mesures qu’il compte retenir du plan banlieues remis par Jean-Louis Borloo il y a trois semaines. Mais l’aile gauche des marcheurs espère que le président en profitera surtout pour annoncer des mesures sociales, nombreuses dans les préconisations de l’ancien ministre de la Ville.

Faire pencher le président à gauche. Car s'ils ont perdu la bataille sur la loi immigration, ils remontent déjà au front pour le plan banlieues. Ce petit groupe d’anciens socialistes ayant rallié En Marche! tentent de faire pencher le président à gauche. "L’Elysée paraît de plus en plus ouvert", affirment-ils. Certains députés ont même été consultés et ont pu participer aux réunions d’arbitrage.

Trouver un second Borloo. Mais ils craignent le manque de suivi des préconisations de Jean-Louis Borloo. "Le président aura beau faire de belles annonces demain, il faut un pilote pour ce genre de dossiers au long cours", s’inquiète une députée. "Et ce n’est pas le ministre de la Cohésion des Territoires, Jacques Mézard, qui va faire l’affaire. Il ne colle pas du tout avec cette feuille de route, et Julien Denormandie [secrétaire d'Etat auprès du ministre, ndlr] non plus. Il nous faut un 'petit Borloo'", ose cette élue. Ancien collaborateur de l'ex-maire de Valenciennes, Jean-François Carenco est notamment cité pour assumer ce rôle.

Pression financière. Si personne ne suit les mesures détaillées dans le plan, l’aile gauche craint que Bercy reprenne vite la main, et enterre discrètement les nouveaux dispositifs jugés trop coûteux. "Borloo m’a demandé 10.000 postes", confirme un membre du gouvernement. "Je lui ai répondu : c’est simple, je ne les ai pas". Bref, une bataille qui paraît, là aussi, mal engagée.